PPR opte pour une organisation plus intégrée
A l’occasion de la présentation des résultats 2010 de PPR en forte hausse, son PDG François-Henri Pinault a surpris le marché en annonçant qu’il prendrait lui-même la direction du pôle luxe, avec Alexis Babeau comme directeur général adjoint. En revanche, Robert Polet, PDG de Gucci Group depuis 2004, quitte le groupe. PPR, spécialisé dans l’habillement et les accessoires, est désormais organisé autour d’un pôle sports & lifestyle (Puma) et d’un pôle luxe (Gucci, Bottega Veneta, Yves Saint Laurent...). «Les équipes de PPR et de Gucci Group seront rassemblées afin de mieux accompagner le développement des marques», a expliqué François-Henri Pinault.
Ce changement intervient alors que Gucci Group, le pôle luxe, a enregistré un bond de près de 30% de son résultat opérationnel courant, soit une marge de 22,4% en hausse de 2 points. Son chiffre d’affaires progresse de 12,2% en comparable – et même de 14,4% au quatrième trimestre – mais cette croissance reste inférieure «à celle d’Hermès (+18,9%) et à celle de la division mode & maroquinerie de LVMH (+13%)», notent les analystes d’Aurel BGC.
Ces résultats 2010, légèrement supérieurs aux attentes du marché, ont été salués par une hausse du titre de 2,16% à 115,85 euros. Néanmoins «sa performance est handicapée par les incertitudes sur les futures acquisitions», note Aurel BGC. «Si la croissance du luxe et le redressement de la distribution sont attractifs, les arbitrages d’actifs à venir recèlent plus d’incertitudes que d’opportunités», explique CM-CIC. D’ailleurs, «les investisseurs attendent la prochaine étape avec prudence, car PPR n’a pas toujours bien réussi ses acquisitions», ajoute la Société Générale.
Aussi, François-Henri Pinault a rappelé qu’il prendrait son temps pour la cession de ses derniers actifs de distribution, Redcats et Fnac. Du côté des acquisitions, PPR recherche des marques à «forte identité», offrant un potentiel de croissance élevé, mais avec aussi des synergies significatives, notamment «dans le sourcing et la logistique».
Pour 2011, PPR se dit confiant dans sa capacité à maintenir une croissance «soutenue» de son chiffre d’affaires et à réaliser des performances financières «supérieures à celles de 2010». Pour l’heure, le consensus Bloomberg anticipe une hausse de 10% du résultat opérationnel courant à 1,69 milliard d’euros, et une hausse de 3,6% des ventes à 15,1 milliards.
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