Porsche perd une manche dans sa guerre judiciaire contre les « hedge funds »
Revers pour Porsche. La Cour suprême de l’Etat de New-York a rejeté la motion du constructeur allemand demandant de rejeter les poursuites intentées par 26 hegde funds, dont Greenlight capital et Glenhill capital, alléguant la fraude et l’enrichissement sans cause lors de la montée de Porsche au capital de Volkswagen à l’automne 2008. Le marché a très mal perçu ce rejet qui accroît l’incertitude sur l’issue de la procédure, alors que Volkswagen est en train de finaliser le rachat de Porsche. L’action Porsche SE a abandonné hier 4,52% à 42,89 euros.
Les fonds reprochent à Porsche d’avoir menti sur son intention de prendre le contrôle de Volkswagen. Le 26 octobre 2008, le constructeur a annoncé qu’il contrôlait la plupart des actions ordinaires Volkswagen, faisant bondir le titre. Or, en raison de l’écart de valorisation avec les actions de préférence sans droit de vote, les hedge funds avaient estimé que les actions ordinaires étaient largement surévaluées et s’étaient donc positionnés à la baisse.
Ces fonds réclament plus de 1,4 milliard de dollars de dommages-intérêts. Ils avaient saisi la Cour suprême de l’Etat de New York, après qu’un tribunal fédéral de New York a rejeté leur plainte en décembre 2010. A l’époque, ils étaient 46 fonds à avoir saisi la justice pour une demande de dommages et intérêts dépassant 2,5 milliards de dollars. L’appel de cette fin de non-recevoir est en cours.
Dans un communiqué, Porsche a répété qu’il estimait ces poursuites «sans fondement en fait et en droit». Conformément à ses règles procédurales, la Cour suprême a présumé véridiques les allégations des fonds sans toutefois se prononcer sur le bien-fondé de leurs réclamations. Un tribunal américain peut-il condamner une société étrangère pour fausses déclarations au motif que les plaignants sont américains? Telle est la question. Porsche, pour sa part, estime que cette juridiction new-yorkaise n’est pas le tribunal approprié pour régler les revendications des hedge funds, et que ces plaintes devraient être déposées en Allemagne, où plusieurs de ces fonds ont déjà intenté des poursuites à l’encontre de Porsche. Pour sa part, le constructeur allemand annonce son intention d’interjeter appel de la décision de le Cour suprême de l’Etat de New York, devant sa propre division d’appel.
Plus d'articles du même thème
-
Martine Legendre (Allianz France) : « En non-coté, on n'achète pas un produit mais une équipe»
Martine Legendre a passé dix-neuf ans à la tête des investissements alternatifs d'Allianz France, construisant un portefeuille qui pèse aujourd'hui près de huit milliards d'euros. À l'heure de passer la main, elle revient sur une carrière marquée par l'émergence successive de classes d'actifs qui n'existaient pas encore à son arrivée, les erreurs qui instruisent, et les constantes qui résistent à tout. -
Le marché fait le tri parmi les sprinters de l'IA
Trois ans et demi après le lancement de ChatGPT, les investisseurs ne sont plus à l'heure de parier sur une révolution industrielle suscitée par l’intelligence artificielle. Ils discriminent désormais les Microsoft, Amazon, Apple et consorts sur leurs capacités à en monétiser l'essor au plus vite. -
Ontario Teachers' crée un poste dédié à l'intégration de l'IA dans les placements
Le fonds de pension des enseignants de l'Ontario nomme Feifei Wu à la tête d'une fonction nouvellement créée, à l'interface entre la technologie et les équipes d'investissement.
ETF à la Une
BlackRock émet un nouvel ETF actif dédié à la dette des marchés émergents
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
Contenu de nos partenaires
-
Castelbajac, l’art en liberté
À Toulouse, une rétrospective majeure consacre Jean-Charles de Castelbajac. Plus qu’un créateur de mode, une figure totale qui a toujours refusé les frontières — et qui trouve aujourd’hui dans le musée un terrain à sa mesure. -
Marrakech, côté cour
Sous l’impulsion d’un couple de passionnés franco-libanais, le Palais Beit al Noor fait rimer art de vivre marocain et hospitalité libanaise à Marrakech. -
RentableLe gaspillage, nouvel axe de la lutte mondiale contre le méthane
La France et l’Agence internationale de l’énergie mettent l’accent sur le manque à gagner des fuites de méthane issues des infrastructures pétrolières et gazières