Plastic Omnium confirme l’attrait des placements privés pour les émetteurs
Plastic Omnium se tourne, comme beaucoup d’entreprises, vers le marché obligataire pour diversifier son financement. L’équipementier automobile vient de lever 250 millions d’euros à échéance décembre 2018 sur le marché naissant du placement privé européen, l’Euro PP. La transaction, menée par BNP Paribas, a permis au groupe de trouver un coupon de 3,875%. Les titres ont été placés auprès de quelques investisseurs institutionnels français la semaine dernière, au terme d’un processus qui aura pris environ un mois.
L’entreprise avait réalisé en juin un premier placement privé de 119 millions d’euros sur un autre compartiment, celui des «Schuldschein», de droit allemand. SG CIB avait mené cette transaction à 5 ans. En 2012, plusieurs émetteurs français ont levé des fonds en Allemagne, à l’image de Sonepar, Faurecia ou Seb.
Encouragé par ce premier succès, Plastic Omnium est passé à une taille supérieure. Non noté par les agences, il a pour lui d’être «avec Valeo, l’un des rares équipementiers auto français à n’avoir jamais brûlé de cash ces dix dernières années, même en 2008-2009», relevait le mois dernier CM-CIC Securities.
Au total, le groupe a donc levé 370 millions d’euros sur un marché obligataire dont il était absent. «Notre objectif n’est pas de substituer une ligne à une autre mais de diversifier nos sources de financement et de rallonger la maturité de notre dette, qui était de 3,5 ans », précise Rodolphe Lapillonne, directeur financier. Avant ces deux transactions, Plastic Omnium se reposait à 100% sur ses banques, avec 1,25 milliard d’euros de lignes de crédits confirmées – bilatérales et sans covenants – pour une dette nette de 470 millions à fin juin. Vu le rééquilibrage accompli en quelques mois, Plastic Omnium ne devrait pas procéder à d’autres émissions dans un avenir proche.
Après la transaction inaugurale de Bonduelle sur l’Euro PP en septembre, celle de l’équipementier automobile constitue la deuxième du genre sous ce format, qui autorise des levées de fonds inférieures aux 300 millions d’euros minimum requis pour un placement public.
«On voit se développer un vrai marché du placement privé pour des transactions d’une taille allant de 50 à 250 millions d’euros de la part de sociétés non notées, qui n’ont jamais émis. D’autres dossiers vont sortir d’ici à la fin de l’année», souligne Guillaume Calixte, à l’origination corporate France (DCM) chez BNP Paribas.
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