Philips va de nouveau tailler dans ses coûts après un nouvel avertissement
En présentant ses résultats du premier trimestre, Philips avait déjà fait preuve de prudence pour l’année 2011 en raison des perturbations subies par sa chaîne d’approvisionnement à la suite de la catastrophe japonaise. L’avertissement émis hier pour les résultats du trimestre en cours a enfoncé le clou. Le cours de l’action du groupe néerlandais a chuté de 8,76% hier à Amsterdam, pour finir à 16,4 euros.
Cette fois, c’est la faiblesse de la demande européenne qui est en cause. Le problème concerne d’abord l’éclairage, qui devrait enregistrer à fin juin une croissance inférieure à 5% par rapport au deuxième trimestre 2010. Outre la faiblesse de la consommation en Europe occidentale, Philips invoque «la morosité plus importante que prévu du secteur de la construction sur les marchés matures». L’augmentation des coûts de marketing et de R&D aboutira pour cette division à un bénéfice d’exploitation d’environ 85 millions d’euros, en recul de 60% par rapport à la période correspondante de 2010. Suite au départ du directeur de la division Rudy Provoost, l’éclairage sera temporairement placé à partir du 1er juillet sous la responsabilité directe du directeur général Frans van Houten.
Quant à la division de produits grand public («Consumer Lifestyle»), elle est non seulement affectée par la prudence des consommateurs, mais aussi par «une baisse des revenus de licences et par l’impact du désengagement en cours des téléviseurs». L’augmentation des coûts publicitaires conduit le groupe à anticiper un léger repli des ventes de la division qui devrait afficher un bénéfice d’exploitation de 50 millions à fin juin, en chute de 71% d’une année sur l’autre. Maison mère de Darty en France, le distributeur britannique Kesa Electricals, qui présentait hier ses résultats annuels, a également fait état d’un environnement difficile dans l’électronique grand public en Europe.
Philips «annoncera sous peu des actions décisives», avec d’importantes réductions de coûts complémentaires à son programme «Accelerate», qui vise à améliorer ses performances globales. Sa division de matériel médical devrait par ailleurs enregistrer «une croissance à deux chiffres». Il n’en reste pas moins que cet avertissement, juste avant la fin du trimestre, «est un coup porté à la crédibilité de l’entreprise», juge Victor Bareno, analyste chez SNS Securities.
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