Philips serre un peu plus la vis pour tenir ses objectifs
Chiffré à 500 millions d’euros en juillet dernier, le plan d’économies de Philips est déjà porté à 800 millions d’euros, soit environ 13% de sa base de coûts d’exploitation. Si elle n’est pas directement associée par la direction à la dégradation un peu plus marquée de la situation économique en Europe et aux Etats-Unis, cette augmentation de 60% du plan d’austérité contribue à sécuriser les objectifs financiers du groupe néerlandais. Il prévoit de dégager 4% à 6% de croissance du chiffre d’affaires en 2013, en prenant pour hypothèse une progression de 3% à 4% du PIB. La marge brute opérationnelle (ebitda) devrait s’établir entre 10% à 12%. Lors du deuxième trimestre, celle-ci était tombée à 7,2%. Enfin, le retour sur capitaux employés (roce) devrait également remonter entre 12% et 14%, contre un peu moins de 10% en 2010.
Les premières économies devraient intervenir dès le quatrième trimestre 2011, précise Philips. La production, les achats, le marketing, contribueront à hauteur de 65%. Les fonctions dites support (informatique, finance, ressources humaines, immobilier…) fourniront le solde des économies espérées. La direction de Philips rappelle néanmoins qu’elle compte renforcer de 200 millions d’euros par an ses investissements en R&D afin de nourrir la croissance des ventes.
Si la direction du groupe souhaite insuffler une nouvelle dynamique, plus «entrepreneuriale», l’histoire de Philips reste avant tout une affaire de restructuration. «La réorganisation est cruciale pour le redressement des marges projeté pour 2013», reconnaît le courtier SNS Securities. Le groupe doit encore conclure d’ici la fin de l’année sa sortie partielle du secteur des téléviseurs, une division qui n’a pas dégagé de bénéfice depuis le quatrième trimestre 2009. La société commune avec le groupe chinois TPV Technology devrait être mise sur pied dans les temps, a indiqué la direction de Philips. Le néerlandais détiendra 30% de la JV et commencera à percevoir des royalties en 2013.
Cette sortie devrait encore un peu plus réduire le poids de l’électronique grand public dans le modèle du groupe. En juin, sur douze mois glissants, la division représentait 26% des ventes. Son poids s’élevait à 45% en 2005, devant la santé (22%) et l’éclairage (17%). Ces deux dernières activités sont aujourd’hui largement majoritaires, avec respectivement 40% et 32% du chiffre d’affaires annuel de Philips.
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