Philips serre encore plus la vis pour assurer son retour aux profits en 2013
A l’avant-veille des élections aux Pays-Bas, Philips a alimenté hier le débat sur la dégradation de l’économie néerlandaise et de son marché du travail, le principal thème de la campagne électorale. Le groupe d’électronique, longtemps premier employeur privé du pays, va supprimer 2.200 postes supplémentaires après le plan de 4.500 départs annoncé en octobre 2011. Au total, ces 6.700 suppressions d’emplois représentent 5,5% des effectifs mondiaux du groupe. Un porte-parole de Philips a assuré que la très grande majorité des nouvelles suppressions de postes ne concernerait pas les unités néerlandaises.
Avec ces coupes supplémentaires, Frans van Houten, le directeur général de Philips, qui s’exprimait hier à l’occasion d’une réunion avec les investisseurs, espère pouvoir dégager 300 millions d’euros d’économies complémentaires, ce qui porterait à 1,1 milliard d’euros le montant total du plan de réduction des coûts lancé à l’automne dernier. Frans van Houten compte se servir d’une partie de ces économies pour redynamiser l’innovation du groupe. Elles serviront surtout, comme le reconnaît le directeur général, à «atténuer les effets des difficultés macroéconomiques et des changements de système de calcul des retraites». Le groupe a perdu 1,3 milliard d’euros en 2011.
Depuis son arrivée aux commandes de Philips en avril 2011, Frans van Houten a lancé deux avertissements sur les résultats, revu les objectifs financiers, supprimé des milliers d’emplois, remplacé toute son équipe dirigeante et, finalement, cédé le contrôle de sa branche TV en perte. Cette cure d’austérité draconienne doit permettre au groupe de retrouver les bénéfices en 2013 et surtout d’afficher une structure opérationnelle nettement plus rentable pour les années suivantes.
Philips pense toujours pouvoir améliorer de 4% à 6% son chiffre d’affaires en 2013, avec une marge d’exploitation (Ebita) de 10% à 12%, contre des pertes en 2011, et un retour sur fonds propres investis de 12% à 14%, par rapport à un ratio négatif de 5,8% en 2011. En revanche, la direction ne souhaite fournir aucune prévision pour l’année en cours.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATMétaux stratégiques : l’autre front des tensions géopolitiques
Derrière les 20 % de brut mondial transitant par le détroit d'Ormuz, la crise affecte directement les métaux. La région détient 10 % des capacités de production d'aluminium, exposées à des dommages permanents, et sécurise 40 à 50 % des exportations mondiales de soufre, un intrant indispensable à l'extraction du cuivre et du nickel. -
PARTENARIATIA: où se situent les vraies opportunité d’investissement ?
L’IA crée des goulots d’étranglement techniques qui se transforment en opportunités majeures pour surperformer le marché. -
Prosus estime avoir réussi son virage stratégique
Le conglomérat technologique néerlandais table sur une hausse de son bénéfice par action sous-jacent comprise entre 19% et 28% pour son exercice clos fin mars 2026.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
- L’assurabilité climatique refait surface dans l’agenda politique
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance–Afrique : la fin du pré carré ?
Lors du sommet Afrique-France « Africa Forward » à Nairobi en mai dernier, le président Macron a affirmé que l’ère du pré carré français en Afrique était terminée, « depuis 2017 c’est fini », s’attribuant en quelque sorte cet état de fait. -
Un train de retardPourquoi les trains et réseau ferré de la SNCF sont peu adaptés aux chaleurs extrêmes
La vague de chaleur qui s’abat sur la France met en lumière l’inadaptation d’une partie du réseau ferré, dont la régénération est au cœur d’une future loi-cadre qui peine à être examinée. -
Tribune libreAnthropic, Starlink... : la souveraineté, c’est la règle, pas le pavillon
Depuis Bodin, la souveraineté désigne moins l’autosuffisance que la capacité de fixer la loi et de la faire respecter