Philippe Capron héritera d’une trésorerie sous pression chez Veolia
En plein cheminement stratégique et tout juste sorti d’une crise de gouvernance, Vivendi perd l’un de ses piliers. Le directeur financier Philippe Capron, l’un des deux seuls membres du directoire, a décidé de quitter le conglomérat pour rejoindre Veolia Environnement. Fait plutôt inhabituel, ce départ a poussé Moody’s à publier une note vendredi dernier. L’agence juge cette démission négative d’un point de vue crédit.
«M. Capron a été central dans l’exécution de la stratégie de Jean-René Fourtou (président du conseil de surveillance, ndlr) visant à céder et/ou à scinder des actifs de télécommunications», rappelle Moody’s. Le groupe a signé il y a tout juste une semaine l’accord de vente de Maroc Telecom à Etisalat. Une opération d’un montant global de 4,2 milliards d’euros.
Philippe Capron est attendu avec impatience chez Veolia où il occupera, à compter du 1er janvier 2014, le poste de directeur général adjoint en charge des finances. Pour les analystes de Morgan Stanley, son arrivée devrait coïncider avec le démarrage d’une nouvelle période de croissance de l’activité. Le groupe a redressé ses volumes au troisième trimestre, notamment dans l’eau, et engagé plusieurs axes de restructuration (négociations sur Dalkia et Transdev…). Il s’est également fixé un objectif de réduction des coûts de 750 millions d’euros d’ici 2015. Mais malgré un effort en la matière de 109 millions d’euros sur neuf mois, l’Ebitda s’inscrit en recul de 8%.
Si sur les neuf premiers mois de l’année, les cessions ont été moins importantes que sur la période comparable de 2012, le groupe table sur des rentrées d’un milliard d’euros au dernier trimestre. De quoi contribuer à faire refluer la dette à un niveau compris entre 8 et 9 milliards d’euros en fin d’année (contre 9,6 milliards fin septembre).
L’optimisation de la trésorerie représente aussi un réel défi. Pour la fin de l’année, Veolia va «bénéficier du retournement saisonnier de sa variation de besoins en fonds de roulement», relève Natixis qui attend, aux côtés de Morgan Stanley et Credit Suisse, un cash flow libre positif pour 2013. Mais la situation devrait empirer par la suite. Credit Suisse et Morgan Stanley prévoient un cash-flow libre après dividendes dans le rouge jusqu’en 2017 inclus. La direction vise de son côté l’équilibre en 2015.
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