Pfizer veut se donner les moyens de relever les défis de son cœur de métier
Pfizer était attendu au tournant. La semaine passée, le numéro un mondial de la pharmacie a indiqué étudier les «alternatives stratégiques» concernant ses activités de santé animale et de nutrition infantile. Pfizer ne ferme aucune porte. Celle d’une vente pourrait lui permettre de récolter jusqu’à 22 milliards de dollars, selon un analyste de Leerink Swann & Co interrogé par Bloomberg. Il s’agit avant tout de concentrer ses efforts sur l’activité pharmaceutique, ou de récompenser les actionnaires avec des rachats de titres, comme l’a précisé Ian Read, directeur général du groupe depuis décembre dernier.
L’analyste cite une «conversation avec Pfizer» laissant envisager l’hypothèse d’une vente de la nutrition, évaluée à 10 milliards de dollars sur la foi d’une «forte demande» et d’une comparaison avec le concurrent Mead Johnson mis en Bourse par Bristol-Myers-Squibb en 2009. Il évoque aussi une introduction en Bourse de la santé animale valorisant l’activité entre 10 et 12 milliards. Le groupe a en effet précisé que les chemins pourraient être divergents pour chacune des deux activités, avec des calendriers indépendants. Des banques différentes ont d’ailleurs été mandatées pour les deux analyses, JPMorgan côté santé animale, Morgan Stanley et Centerview Partners côté nutrition. A ce jour, le laboratoire américain table sur une finalisation des transactions éventuelles dans un délai d’un à deux ans et ne pense pas devoir faire de nouveaux commentaires à ce sujet avant 2012.
Le nouveau patron de Pfizer ne nie pas les qualités intrinsèques des deux divisions mais explique qu’«étant suffisamment éloignées de notre cœur d’activité, leur valeur pourra être optimisée en dehors du groupe». Surtout, le laboratoire se doit de dégager des moyens pour le renforcement continu de son portefeuille de médicaments. A un moment d’autant plus crucial après la perte d’exclusivité de brevet en novembre dernier pour son produit phare de traitement du cholestérol, le Lipitor.
Les observateurs scrutent dans ce contexte les avancées concernant trois produits qui pourraient être autorisés cette année, un anticoagulant ainsi que des traitements du cancer du poumon et de l’arthrite rhumatoïde. Ces trois médicaments pourraient engendrer des ventes de 3 milliards de dollars en 2015, contre 5,5 milliards pour les divisions santé animale et nutrition réunies (8% des ventes du groupe en 2010).
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