Pfizer réaffecte ses fonds vers un nouveau programme de rachats d’actions
Dans un contexte tendu pour l’industrie pharmaceutique, Pfizer révise à la baisse ses objectifs 2012. «Après l’évaluation de nos plans d’exploitation et des opportunités d’allocation du capital, nous avons ajusté notre objectif de chiffres d’affaires 2012 en excluant la contribution de futures opérations de croissance et avons réaffecté nos fonds» à un nouveau programme de rachats d’actions de 5 milliards de dollars, a expliqué Ian Read, PDG de Pfizer. Le laboratoire américain dispose ainsi d’autorisations à hauteur de 9 milliards et compte racheter cette année pour environ 5 milliards de dollars de titres, soit 3,3% de sa capitalisation actuelle. Une nouvelle saluée par une hausse de plus de 4% de l’action en début de séance à Wall Street. Le groupe a également publié des résultats trimestriels légèrement supérieurs aux attentes, et en forte hausse grâce à l’intégration de Wyeth, racheté en octobre 2009.
Pfizer table désormais sur 63 à 65,5 milliards de dollars de ventes en 2012, contre une fourchette précédente de 65,2 à 67,7 milliards. Toutefois, le consensus Bloomberg anticipe déjà ce recul des ventes avec une prévision à 63 milliards. En effet, 2012 sera la première année où Lipitor, l’anticholestérol vedette de Pfizer avec 10 milliards de dollars de ventes annuelles, sera confronté à la concurrence des génériques aux Etats-Unis. Le brevet a déjà pris fin au Canada et en Espagne. Parallèlement, Pfizer abaisse de 18% son objectif de dépenses de R&D dans une fourchette de 6,5 à 7 milliards de dollars. Le laboratoire explique aussi cette baisse par son intention de se concentrer sur un nombre réduit de maladies. Les autres objectifs 2012 sont maintenus, à savoir un bénéfice par action (BPA) ajusté de 2,25 à 2,35 dollars, mais le consensus n’espère pour le moment que 2,21 dollars.
Pour l’exercice en cours, le laboratoire vise un chiffre d’affaires de 66 à 68 milliards de dollars, soit une stabilité par rapport aux 67,8 milliards de l’an dernier, pour un consensus actuellement à 66,4 milliards. En revanche, Pfizer n’anticipe qu’un bénéfice par action ajusté de 2,16 à 2,26 dollars alors que le consensus espère encore 2,3 dollars. Pourtant, le groupe compte déjà réduire ses dépenses de R&D entre 8 et 8,5 milliards de dollars, contre 9,4 milliards en 2010.
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