Petit poucet de la 4G, Free casse les tarifs du marché

La filiale d’Iliad, qui ne dispose que de 700 sites actifs, inclut le très haut débit mobile dans ses offres 3G
Antoine Duroyon
Free casse les prix dans la 4G malgré son statut de petit poucet. Photo: PHB
Free casse les prix dans la 4G malgré son statut de petit poucet. Photo: PHB  - 

A défaut d’une victoire technique, Free entend remporter celle du marketing sur le champ de bataille de la 4G. Alors que les trois grands opérateurs historiques ont décidé d’attaquer le marché avec des offres spéciales (1 à 3 euros plus chères que la 3G), en attendant d’appliquer le plein tarif début 2014 (5 à 10 euros de plus), le trublion des télécoms sort l’artillerie lourde en matière tarifaire.

L’opérateur va inclure la 4G dans son forfait mensuel à 19,90 euros (15,90 euros pour les abonnés à la Freebox), avec 20 Go de données. En comparaison, Bouygues Telecom, qui disposait au 1er décembre de l’installation la plus conséquente (5.392 sites actifs, selon l’Agence nationale des fréquences), propose un forfait 4G à 59,99 euros pour 16 Go de données. La taille de son réseau lui permet de couvrir 63% de la population française.

Free Mobile arrive loin derrière avec 700 sites actifs. L’opérateur promet ainsi le très haut débit dans un millier de communes mais ne précise pas le pourcentage de la population couverte. Une brèche dans laquelle s’est engouffrée la concurrence. «Nous n’avons pas peur d’une offre sans réseau», déclare Delphine Ernotte-Cunci, directrice exécutive d’Orange France, dont le parc 4G atteint 3.439 sites actifs.

Face à cette agressivité tarifaire, le gouvernement invite même les consommateurs, sans toutefois jeter de noms en pâture, «à consulter les cartes de couverture des opérateurs avant de faire leur choix». Free a subi il y a quelques semaines les foudres de l’Arcep pour «le caractère partiel et parfois inexact» d’annonces dans le très haut débit fixe.

Même sans réseau 4G conséquent, Free poursuit son entreprise de déstabilisation du marché, dans le but de dicter une nouvelle norme et de compliquer la valorisation de la 4G par ses concurrents, qui plus est à quelques jours de Noël. Chez Orange, on défend à la fois une «valorisation» de la 4G et la performance du réseau. Delphine Ernotte-Cunci, directrice exécutive d’Orange France, assure ainsi que les tarifs de la 4G seront relevés comme prévu en février et qu’aucune discussion n’est en cours avec Iliad concernant un éventuel contrat d’itinérance dans la 4G. SFR s’est pour sa part positionné sur le terrain des usages en incluant dans ses offres un «extra» (musique, presse, infos trafic, fictions ou jeux).

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