Pershing Capital et Valeant veulent donner la parole aux actionnaires d’Allergan
Le laboratoire pharmaceutique californien Allergan refuse pour l’heure l’idée d’un rachat par son concurrent canadien Valeant. La pression ne cesse pourtant de se renforcer sur la direction de la cible. Alors que le prétendant a modifié son offre à deux reprises la semaine dernière, la portant à près de 54 milliards de dollars, il dispose d’un cheval de Troie en la personne du fonds activiste Pershing Capital, principal actionnaire d’Allergan avec 9,7% du capital.
Les deux alliés de circonstance sont passés à l’offensive hier, en menaçant dans le cadre d’une conférence téléphonique conjointe d’en appeler directement aux actionnaires du fabricant du Botox. Valeant pourrait ainsi déposer d’ici 2 à 3 semaines auprès de la SEC un dossier d’offre publique d’échange, tandis que Pershing Capital souhaite obtenir la convocation d’une assemblée extraordinaire des actionnaires en vue de faire élire un conseil d’administration plus docile. Selon Bill Ackman, le patron du fonds alternatif, cette réunion pourrait avoir lieu dès le 7 août, quand bien même Allergan aurait la capacité d’en repousser l’échéance jusqu’en novembre.
Vendredi, deux jours seulement après avoir relevé de 21% la part de son offre en numéraire à 58,3 dollars par action (sans compter la promesse nouvelle d’un certificat de valeur conditionnelle de 25 dollars au maximum lié aux ventes du Darpin, traitement contre la dégénérescence maculaire actuellement en phase expérimentale), Valeant a porté cette part à 72 dollars. La part en titres reste stable à 0,83 action Valeant pour une Allergan apportée. Ce dernier geste en date est permis selon Valeant par l’engagement de Pershing Capital de ne recevoir que des titres. Un cadeau consenti aux autres actionnaires montrant selon le fonds sa forte conviction de la pertinence de l’opération envisagée.
«Nous avons la ferme intention de (la) mener à bien», a clamé hier le PDG de Valeant, Michael Pearson. Les alliés se targuent du soutien de nombreux actionnaires avec lesquels ils ont récemment discuté. Ils ont besoin de 25% des titres pour convoquer une assemblée. Après que Valeant et Pershing Capital ont conditionné la dernière offre à l’entrée en négociations «de bonne foi» de la part de leur cible, Bill Ackman s’est permis hier d’envisager un accord de fusion dès cette semaine. L’attitude actuelle d’Allergan ne ferait que «retarder l’inévitable» selon lui.
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