« Pernod Ricard se réserve la possibilité d’émettre en dollars »
L’Agefi: Le relèvement de votre objectif de croissance interne du résultat opérationnel courant (ROC) de 6 à 7% n’est-il pas décevant alors que le consensus est proche de 8% ?
Gilles Bogaert: L’objectif de 7% est en ligne avec nos prévisions internes et correspond, je le rappelle, à une amélioration par rapport à l’objectif initial. Si la croissance est ressortie à 8% au premier semestre, elle sera un peu plus faible au second semestre, compte tenu de quelques effets techniques de déphasage entre les deux semestres.
Sur l’exercice en cours, quel effet devises anticipez-vous sur le ROC ?
Nous tablons sur un effet positif d’environ 50 millions d’euros sur la base des taux de change actuels, dont 98 millions engrangés au premier semestre. Autrement dit, l’effet sera négatif sur la seconde partie de l’exercice. Au premier semestre, l’euro/dollar est ressorti en moyenne à 1,33, contre 1,45 un an plus tôt.
Quel objectif de dette vous fixez-vous ?
Nous visons toujours un ratio dette nette sur Ebitda proche de 4 fin juin 2012. Fin décembre 2010, ce ratio ressortait à 4,5 contre 4,9 au 30 juin 2010, et nous espérons une amélioration d’ici au 30 juin. A la fin du premier semestre, la dette nette d’établissait à 9,72 milliards d’euros, en recul de près de 900 millions en six mois.
Comment évolue le coût de la dette ?
Au premier semestre, le coût moyen était de 4,6%. Sur l’ensemble de l’exercice, nous resterons strictement sous les 5%, comme nous nous y sommes déjà engagés. La variation dépendra de l’évolution de la courbe des taux et de l’éventuel impact d’une nouvelle émission obligataire. La réduction de notre ratio d’endettement nous a néanmoins permis de réduire de 30 points de base la marge sur le crédit syndiqué – 6,1 milliards fin juin – à 100 points, soit un gain d’environ 8 millions d’euros sur le second semestre.
Où en est votre objectif d’une dette constituée d’au moins 50% d’obligations d’ici à 2013 ?
La part de l’obligataire est passée de 34% fin juin à 37% fin décembre. Elle augmentera d’ici au refinancement de notre crédit syndiqué, d’échéance fin 2013, qui pourrait intervenir en 2012. Auparavant, nous devrions faire appel au marché obligataire afin d’allonger la maturité de la dette et d’équilibrer nos sources de financement. Nous nous réservons la possibilité d’émettre en dollars, afin d’avoir accès à de nouveaux investisseurs, d’autant que la moitié de la dette du groupe est déjà libellée en dollars.
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