Pernod Ricard reste très prudent sur la Chine à court terme
Surprise. Si Pernod Ricard a rempli ses objectifs en affichant une hausse organique de 2% de son chiffre d’affaires et de 2% de son résultat opérationnel courant sur son exercice clos fin juin, le résultat net a reculé de 15%.
Le groupe de spiritueux a dû passer une dépréciation sur Absolut – la première depuis son acquisition en 2008 – de 652 millions d’euros (404 millions après impôts). «Elle représente seulement 15% des valeurs d’actifs liés à Absolut, tempère Gilles Bogaert, directeur financier de Pernod Ricard. Cet impairment est la conséquence d’une croissance d’Absolut aux Etats-Unis inférieure à nos anticipations lors du rachat d’Absolut, en raison d’un marché concurrentiel particulièrement agressif ». Les ventes de la marque de vodka sont en recul de 5% en 2014-2015 outre-Atlantique, comme en 2013-2014. «A moyen terme, nous attendons une stabilisation des volumes d’Absolut, poursuit Gilles Bogaert. Absolut reste une marque clé pour le groupe. Grâce à sa forte implantation aux Etats-Unis (près de 50% des ventes en valeur de la marque), nous avons pu développer nos autres marques, notamment Jameson, dont les ventes ont enregistré une progression à deux chiffres en 2014-2015».
Cette déception sur Absolut associée aux incertitudes sur les perspectives en Chine a entraîné hier une baisse de 1,72% de l’action Pernod Ricard à 92,20 euros, seule valeur du CAC 40 en territoire négatif. Pourtant, la tendance en Chine s’est nettement améliorée, avec un recul limité à 2% des ventes en 2014-2015, après la chute de 23% l’année précédente, conséquence des mesures anti-ostentatoires imposées par Pékin. La prudence prévaut néanmoins pour 2015-2016. «Nous serons satisfaits, si la performance de cette année est comparable à celle de 2014-2015, ajoute Gilles Bogaert. A moyen terme, nous visons toujours une croissance annuelle de 8 à 9%». La Chine, qui pèse 9% des ventes de Pernod-Ricard, derrière les Etats-Unis (17%), est en passe de se faire rattraper par l’Inde (près de 9%), qui a progressé de 18% l’an dernier, tandis que la France est reléguée à la quatrième place (8,5%).
Dans un contexte économique mondial toujours difficile, Pernod Ricard mise plus que jamais sur l’innovation. «A moyen terme, elle devrait permettre de dégager 1% de chiffre d’affaires supplémentaire chaque année», précise Gilles Bogaert. Le groupe de spiritueux n’exclut pas des opérations ciblées de croissance externe aux Etats-Unis.
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