Pernod Ricard répond à Elliott en relevant son objectif annuel de rentabilité
Deux mois après l’irruption d’Elliott à son capital, Pernod Ricard devient plus offensif. Fort de l’accélération de ses résultats sur son premier semestre clos fin décembre 2018, le groupe de spiritueux relève son objectif de résultat opérationnel courant (ROC), visant une croissance interne de 6% à 8%, contre une fourchette initiale de 5% à 7%. Il a pris de l’avance avec un rebond de 12,8% au premier semestre (+10,6% en publié), à 1,65 milliard d’euros, dont +26% en Asie, +8% en Amérique et -2% en Europe. La meilleure progression depuis le début de la décennie, note Alexandre Ricard, le PDG du groupe, mais pas extrapolable sur le second semestre. La gestion des volumes de Martell (cognac), la réduction des stocks aux Etats-Unis, un litige commercial en France et en Allemagne et le phasage des dépenses publi-promotionnelles plus importantes sur la seconde partie de l’exercice pèseront sur la marge, prévient Hélène de Tissot, la directrice financière du groupe. Au premier semestre, la marge a atteint 31,9% (+1,5 point [pt] en organique), contre 26,2% sur l’exercice 2017-2018. Diageo – la référence de l’argumentaire d’Elliott – a affiché une croissance organique de 12,3% mais pour une marge de 35,2% (+1,5 pt en organique).
Au premier semestre, le chiffre d’affaires de Pernod Ricard a crû en organique de 7,8% (+5% en publié) à 5,2 milliards d’euros, tiré par l’Asie (+16%) et l’Amérique (+4%). L’Europe stagne. Les ventes ont bondi de 28% en Chine, avec le Nouvel An chinois, et de 24% en Inde, soutenues par un effet de base très favorable. Des chiffres qui n’ont rien à envier à ceux de Diageo : croissance organique de 7,5%, dont 20% en Chine et 12% en Inde, sur la même période.
L’Asie-reste du monde pèse désormais 44% (+3 pt) des ventes du groupe et 46% (+4 pt) du ROC, alors que l’Europe ne pèse plus que 29% (-3 pt) du chiffre d’affaires et 25% (-5 pt) du ROC.
Autre geste qui devrait satisfaire Elliott : un nouveau plan d’économies, de 100 millions d’euros d’ici fin à juin 2021 – alors que le plan précédent, de 200 millions, sera achevé d’ici-là, avec un an d’avance – dans le cadre du plan triennal «Transform & Accelerate» de Pernod Ricard, dévoilé hier. Chaque année, le groupe vise une croissance organique de ses ventes de 4% à 7%, avec une amélioration de la marge opérationnelle de 50 à 60 points de base.
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