Pernod Ricard pourrait retrouver une note en catégorie investissement
Plus que jamais Pernod Ricard donne la priorité au désendettement. Sur l’exercice clos 2010-2011 fin juin, le groupe de spiritueux a réduit sa dette nette de 1,5 milliard d’euros, à 9 milliards, à la faveur d’un cash-flow libre de 1 milliard et d’un écart de conversion très favorable de 932 millions. Le ratio dette nette sur Ebitda est ainsi tombé en un an de 4,9 à 4,4. «Nous confirmons un objectif de 4 au 30 juin 2012, avant de nous stabiliser entre 3 et 4 à moyen terme. Notre objectif est de revenir rapidement en catégorie investissement», confie à L’Agefi Gilles Bogaert, directeur général adjoint finances de Pernod Ricard.
Moody’s a mis la note «Ba1» sous perspective positive depuis 18 mois, tandis que S&P et Fitch sont tous deux à «BB+». «Le levier est maintenant dans la zone que les agences de notation regarderont pour relever en catégorie investissement, notent les analystes crédit de RBS. Nous pensons qu’au moins une agence relèvera sa notation d’ici une semaine, et que les autres devraient suivre dans six mois au plus tard».
Après le succès de deux émissions obligataires (1 milliard d’euros en mars et 1 milliard de dollars en avril), la dette obligataire pèse désormais 48% de l’endettement brut (contre 37% fin décembre 2010) en avance sur l’objectif de 50% en 2013. Toutefois, «nous ne nous interdisons pas d’aller au-delà de ce seuil en fonction des fenêtres de marché, et d’émettre de nouveau, en euros ou en dollars», poursuit Gilles Bogaert.
Pour la première fois, Pernod Ricard a dégagé un bénéfice net annuel au-dessus du milliard d’euros (1,05 milliard), permis par une croissance interne de 8% du résultat opérationnel courant (ROC) à 1,9 milliard et de 7% du chiffre d’affaires à 7,6 milliards. La marge opérationnelle recule de 40 points de base à 25% en raison de l’accélération des investissements publi-promotionnels à 1,4 milliard d’euros (+11%), soit 18,9% du chiffre d’affaires contre 17,8% l’an dernier. «Ce ratio va continuer à croître, mais à un rythme moins soutenu, avant de se stabiliser progressivement à moyen terme, explique Gilles Bogaert. Nous ne voulons pas sacrifier le long terme au court terme. Ces investissements sont sources de croissance future».
Le groupe mise sur les émergents, qui pèsent désormais 37% du chiffre d’affaires (+4 points) et 38% du ROC (+5 points), avec une croissance organique des ventes l’an dernier de 17%, contre 1,5% pour les pays matures.
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