Pernod Ricard mise sur le potentiel du marché américain
Le groupe déçoit en visant une croissance organique de ses ventes de 4 à 5% à moyen terme, et une croissance du résultat opérationnel un peu plus forte.
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Bruno de Roulhac
Lanterne rouge du CAC 40, Pernod Ricard a cédé hier 4,85% à 108,85 euros, à l’annonce de ses objectifs à moyen terme. Lors de sa journée investisseurs, le groupe de spiritueux s’est fixé un objectif de croissance organique de ses ventes de 4 à 5% à moyen terme. Après une croissance nulle en 2013-2014, Pernod-Ricard a enregistré une progression de 2% sur les neuf premiers mois de son exercice clos fin juin. «Notre objectif à moyen terme est de retrouver nos taux de croissance historiques moyens», a expliqué Alexandre Ricard, PDG éponyme du groupe.
Le groupe mise sur ses deux premiers marchés : les Etats-Unis et la Chine. Outre-Atlantique, il vise une croissance proche de 5% (après +3% par an entre 2008 et 2013, +1% en 2013-2014, mais -1% sur les neuf premiers mois de l’exercice en cours, en raison des mauvaises performances de la vodka Absolut). «Nous sommes sous-représentés aux Etats-Unis, c’est un véritable enjeu», a ajouté Alexandre Ricard. Pernod Ricard y détient environ 11% du marché loin des 27% de Diageo. Cette position permet à ce dernier d’être leader mondial, une place que lorgne le groupe français.
En Chine, Pernod Ricard cible 8 à 9% de croissance (après +18% sur 2008-2013, mais -23% l’an dernier en raison des mesures anti-corruption qui ont entrainé une chute des ventes de cognac Martell, et encore -3% sur les neuf derniers mois).
Le groupe veut aussi se développer sur ses relais de croissance que sont l’Inde et l’Afrique. L’Inde, où les ventes ont bondi de 19% sur les neuf premiers mois de l’exercice, pourrait ainsi devenir le troisième marché de Pernod Ricard, devant la France, d’ici deux à trois ans.
Après les acquisitions transformantes de vins et spiritueux de Seagram (2001), d’Allied Domecq (2005) et de Vin&Sprit (2008), Pernod Ricard privilégie les opérations de taille moyenne, et recherche actuellement plutôt des spiritueux aux Etats-Unis et dans les émergents.
Pour 2014-2015, Pernod Ricard compte toujours enregistrer une croissance organique de 1% à 3% de son résultat opérationnel courant. «Les marges sont sous pression car le pricing reste timide», explique Gilles Bogaert, directeur financier de Pernod Ricard. Sur le moyen terme, la croissance du résultat opérationnel devrait être supérieure aux 4 à 5% de croissance interne du chiffre d’affaires. Les investissements publicitaires passés de 17,8% en 2010 à 18,9% en 2014 devraient rester contenus sous la barre des 19%.
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