Perceva s’intéresse à la reprise d’Hédiard
Placé en redressement judiciaire fin octobre, Hédiard suscite déjà les convoitises. Propriétaire depuis 2010 de Dalloyau aux côtés de la famille Bernardé, le fonds Perceva se dit prêt à étudier le dossier, actuellement entre les mains de l’administrateur judiciaire Gérard Philipot. «Il faudrait surveiller attentivement les risques de cannibalisation entre les deux maisons. Mais une reprise d’Hédiard offrirait une réelle logique industrielle», explique à L’Agefi Jean-Louis Grevet, le président de Perceva.
Selon le dirigeant du fonds spécialisé dans le retournement d’entreprises, «cela permettrait de profiter des spécialités de chaque société, le traiteur et la pâtisserie-chocolaterie pour Dalloyau, l’épicerie pour Hédiard, afin de développer les canaux de distribution et le chiffre d’affaires». Alors que Dalloyau dégage un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 70 millions d’euros, en tenant compte de ses franchises internationales, celui d’Hédiard s’élève à environ 20 millions d’euros. D’autres candidats, financiers notamment, seraient également sur les rangs. Le dossier est surveillé de près par le cabinet du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.
Si Hédiard ne souffre d’aucune dette, le dossier s’annonce toutefois compliqué. Sa mise en redressement judiciaire a été précipitée par les difficultés financières de son propriétaire, l’homme d’affaire russe Sergueï Pougatchev, dont la banque Mejprombank s’est vu retirer sa licence en 2010. La période d’observation de quatre mois décidée par l’administrateur judiciaire doit permettre de faire la lumière sur la situation de trésorerie de la société et de s’assurer qu’elle permette de couvrir les salaires des 200 employés. Il devra alors décider entre un plan de continuation ou une liquidation avec recherche de repreneur.
Dans les deux cas, une relance de la marque, dont le magasin amiral de la place de la Madeleine à Paris n’a pas été rénové depuis plusieurs années, s’annonce indispensable avec une baisse des charges fixes. Financé depuis son rachat par Sergueï Pougatchev en 2007, Hédiard n’a jamais cessé de perdre de l’argent. Sa perte opérationnelle représenterait environ la moitié de son chiffre d’affaires annuel, soit 10 millions d’euros.
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