Pékin tisse fil à fil sa toile mondiale dans le secteur des matières premières
Les pouvoirs publics chinois poursuivent leurs efforts pour tenter de sécuriser l’approvisionnement du pays en matières premières. Vendredi, Minmetals Resources (coté à Hong Kong mais détenu à 72% par le groupe public de courtage China Minmetals) a annoncé le lancement d’une offre amicale visant Anvil Mining, groupe coté à Sydney et à Toronto mais présent uniquement dans le cuivre en Afrique, plus précisément en République démocratique du Congo.
Le prétendant offre 8 dollars canadiens par titre, représentant une prime de 39% sur le dernier cours coté et un montant total de 1,33 milliard de dollars, soit près de 950 millions d’euros.
Dans un contexte sectoriel propice à ce type d’opérations, le marché semblait s’attendre à une initiative des deux parties. D’un côté, la cible avait indiqué en août qu’elle étudiait des options stratégiques, dont une vente. De l’autre, Minmetals avait renoncé au printemps à la surenchère pour s’emparer du canadien Equinox, lui aussi spécialiste du cuivre en Afrique, au bénéfice de Barrick Gold. Or, comme le souligne le responsable de la recherche sur les matières premières de CLSA, Andrew Driscoll, «Minmetals a clairement reçu un mandat pour réaliser des investissements dans les mines en dehors de Chine». Le pays accapare en effet 40% de la consommation mondiale de cuivre et a consacré selon Bloomberg 17 milliards de dollars cette année pour acquérir des actifs miniers pour l’aider à soutenir sa croissance industrielle. En l’occurrence, l’intégration d’Anvil permettrait à Minmetals d’augmenter sa production de cuivre de 60% et ses réserves dans ce métal de 75% à 1,7 million de tonnes.
Minmetals s’est d’ores et déjà assuré l’apport de 40,1% des titres d’Anvil (l’opération sera concrétisée avec un apport total d’au moins deux tiers du capital), en provenance de ses dirigeants mais surtout de son principal actionnaire, le géant du courtage Trafigura. Il n’en reste pas moins que l’offre valorise Anvil environ 1,7 fois ses actifs, selon Bloomberg, contre des multiples de 2,5 pour l’offre avortée sur Equinox et de 4,1 en moyenne pour dix transactions comparables ces cinq dernières années. Surtout, l’opération reste soumise à l’approbation des autorités australiennes, qui ont pu par le passé se montrer réticentes face à l’appétit de prédateurs chinois. Enfin, le Congo n’est pas une destination dénuée de risque géopolitique.
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