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Pearson et Bertelsmann s’allient dans l’édition pour résister au numérique
Pearson et Bertelsmann s’allient dans l’édition pour résister au numérique
La fusion pourrait permettre d'économiser 2% à 3% de charges chaque année. En réaction, d’autres rapprochements pourraient suivre.
Publié le
Olivier Pinaud
Pearson et Bertelsmann ont coupé l’herbe sous le pied de News Corp. Alors que le groupe de Rupert Murdoch s’apprêtait à dévoiler une offre sur Penguin, la maison d’édition de Pearson, le britannique a dévoilé un projet de rapprochement avec Random House, l’éditeur de son homologue allemand Bertelsmann. En se rapprochant, ils donneront naissance au premier éditeur de livres aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.
Penguin Random House sera contrôlé à 53% par Bertelsmann, Pearson détiendra le solde. Markus Dohle, le directeur général de Random House, occupera la direction générale tandis que John Makinson, le directeur général de Penguin, siègera à la présidence du conseil. Au bout de cinq ans, l’un des deux partenaires pourra demander l’introduction en Bourse de la filiale.
Les deux groupes, qui disent avoir discuté pendant plus de cinq mois, n’ont pas prévu de clause d’indemnités de rupture, en dépit du risque réglementaire que pourrait soulever le rapprochement, dont l’approbation définitive n’est pas attendue avant le second semestre 2013. Aux Etats-Unis, Penguin Random House détiendra 29% du marché de l’édition, soit trois fois plus que son premier concurrent HarperCollins. En Grande-Bretagne, la nouvelle maison d’édition aura une taille deux fois plus importante qu’Hachette (Lagardère). En cumulé, Penguin Random House affiche un chiffre d’affaires de 4 milliards de dollars et un bénéfice opérationnel de 436 millions.
Avec un chiffre d’affaires en légère baisse de 1% en 2011, Penguin était considéré depuis plusieurs années comme le principal frein à la croissance de Pearson. Pour cette raison, certains actionnaires ont regretté que le groupe choisisse la voie du rapprochement plutôt qu’une cession pure et simple à News Corp, dont la rumeur disait qu’il était prêt à mettre 1 milliard de livres sur la table.
En grossissant, l’objectif des deux éditeurs vise à partager leurs coûts de développement dans les pays en croissance et de peser plus fortement vis-à-vis des nouveaux distributeurs, comme Amazon, qui profitent de la numérisation du secteur pour remonter dans la chaîne de valeur.
Selon les premières estimations des analystes, le rapprochement pourrait permettre de raboter de 2% à 3% chaque année la structure de coût combinée du nouvel ensemble. Ce schéma pourrait entraîner, en réaction, d’autres projets de rapprochement dans le secteur.
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