Parrot tente un atterrissage d’urgence
Les difficultés de Parrot se confirment. Victime de la concurrence dans les drones grand public, le groupe d’électronique a lancé hier soir un avertissement sur ses comptes du quatrième trimestre et a annoncé une réorganisation. Il avait déjà affiché une perte opérationnelle courante au trimestre précédent, indiquant à l’occasion qu’il ferait le point sur sa stratégie après Noël.
Selon ses estimations, Parrot aura réalisé un chiffre d’affaires de 85 millions d’euros, assez loin de l’objectif de 100 millions qu’il avait annoncé fin novembre. Les drones grand public confirment qu’ils sont le talon d’Achille du groupe, avec un revenu de 49 millions d’euros sur les 60 millions réalisés par l’ensemble de l’activité drones.
«La dynamique commerciale du quatrième trimestre dans les drones grand public n’a pu être atteinte qu’au prix de marges insuffisantes pour assurer une croissance rentable de cette activité à moyen et long termes. Le groupe s’est fixé comme priorité de régler rapidement ce défi avec une stratégie visant à rétablir ses équilibres financiers», écrit Parrot. Il entend ainsi baisser ses dépenses au niveau de l’activité atteint en 2016, réduire son offre de produits et concentrer ses moyens «sur les canaux de distribution les plus rentables et les marchés les plus prometteurs».
Les conséquences de ce plan seront importantes sur le personnel. Parrot compte réduire les effectifs d’environ 290 personnes, soit plus d’un tiers des 840 salariés que compte le pôle drones. En France, 150 postes sont menacés. Parrot estime le coût total de cette réorganisation au forceps à 45 millions d’euros, dont 20 millions de dépréciations d’actifs provisionnés dans les comptes 2016.
Le groupe compte donc plus que jamais sur ses drones professionnels pour assurer son avenir. L’activité automobile a généré un revenu en ligne avec les anticipations (23 millions d’euros) ; mais elle sera d’un secours limité à l’avenir de Parrot puisque qu’une entrée au capital de Faurecia est en cours de négociation, qui pourrait se transformer en prise de contrôle majoritaire. En cas de conclusion d’un accord, Parrot Automotive sera d’ailleurs présenté dans les comptes 2016 comme actif destiné à être cédé, indique la société française.
Parrot affirme que sa situation financière est saine, grâce à 200 millions d’euros de trésorerie et la perspective d’une augmentation de capital souscrite par Faurecia dans Parrot Automotive le cas échéant. Il anticipe une croissance de 10% de l’ensemble de ses revenus en 2017.
Plus d'articles du même thème
-
Le Royaume-Uni va durcir les règles applicables aux fonds monétaires
Le gouvernement britannique introduira de nouvelles orientations pour les fonds monétaires afin de répondre aux demandes de rachats en période de stress. Une nouvelle législation dont les spécificités techniques seront prochainement apportées par la Financial Conduct Authority, le régulateur local. -
Schroders pourrait se séparer de sa filiale en Chine
Le gestionnaire d’actifs britannique avait obtenu l’autorisation de Pékin pour lancer cette filiale en 2023. -
Les taux américains atteignent leur plus haut niveau depuis un an
Les marchés ont signifié leur déception vendredi après la visite à Pékin du président américain Donald Trump, dont ils espéraient une issue au blocage du détroit d’Ormuz. Entre la hausse des cours du pétrole et les possibles réactions des banques centrales, ou le risque de coûts budgétaires pour les Trésors aux Etats-Unis comme dans de nombreux autres pays, les taux ont grimpé à des plus hauts depuis un an.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Changement d'èreAu sommet de la Fed, Kevin Warsh sur une ligne de crête, coincé entre Trump et réalité économique
Choisi par Donald Trump, qui souhaite infléchir les taux directeurs malgré l’envol de l’inflation, le nouveau patron de la banque centrale américaine disposera de marges de manœuvre restreintes -
PansementImmobilier : le gouvernement cherche la parade pour lutter contre les squats
Le projet de loi Ripost du ministre de l’Intérieur, en discussion la semaine prochaine au Sénat, veut combler le vide juridique concernant les squats dans les locations touristiques. Un bon début -
Pénuries de médicaments : l'UE en passe d'adopter une nouvelle loi pour réduire sa dépendance à l'Asie
Un accord a été scellé cette semaine pour garantir l'accès aux médicaments les plus vitaux. Le texte veut inciter les entreprises à produire en Europe pour contourner les problèmes de fabrication à l'étranger, qui génèrent la moitié des pénuries