PagesJaunes scelle un accord sur sa dette
PagesJaunes a annoncé ce mardi matin être parvenu à un accord avec ses banques créancières sur le refinancement de sa dette. Cela au terme de six mois de négociations parfois difficiles, levant une incertitude majeure sur l’avenir de la société.
L'éditeur d’annuaires imprimés et en ligne a obtenu la prorogation à septembre 2015 de la maturité de ses dettes arrivant à échéance en novembre 2013 en contrepartie du remboursement d’environ 680 millions de créances. Cet accord offre un répit à l’entreprise dont le cours de Bourse a fondu de plus de 50% depuis le début de l’année face aux doutes du marché sur sa capacité à parvenir à un compromis avec ses banques.
La société a réussi à refinancer 70% de ses dettes en 2011 mais l’incertitude portait sur une dernière tranche de 638 millions et une ligne de crédit renouvelable de 300 millions. «C’est une incertitude sur l'évolution de l’entreprise qui est totalement levée» s’est félicité le directeur Jean-Pierre Remy dans le cadre d’un entretien à Reuters. «C’est rassurant pour tout le monde, nos actionnaires, nos créanciers mais aussi nos équipes et nos clients», assure le dirigeant, qui a reconnu que les négociations avaient duré plus longtemps que prévu, en raison de la difficulté à convaincre un petit nombre de créanciers.
Le groupe a sollicité en septembre la nomination d’un mandataire judiciaire pour trouver un compromis. «On a obtenu très vite un large support d’une majorité de prêteurs. Ce qui a été le plus difficile, cela a été d’aller chercher les derniers prêteurs», a souligné le dirigeant. Entre 91 et 92% des créanciers de PagesJaunes ont finalement accepté de participer au refinancement du groupe, au-delà du seuil de 90% qui avait été fixé, a indiqué Jean-Pierre Remy.
En contrepartie de l’accord avec ses banques, le groupe s’est engagé à rembourser 680 millions d’euros, soit environ un tiers de sa dette brute qui atteint 2,23 milliards, dont 419 millions avec effet immédiat et 260 millions d’ici avril 2015. Le groupe prévoit de financer ce remboursement sur sa trésorerie qui dépasse aujourd’hui 500 millions d’euros grâce au non-versement du dividende décidé par le groupe et à l’utilisation de la ligne de crédit renouvelable.
Dans le cadre de l’accord, PagesJaunes s’est engagé à réserver une partie «significative» de son cash flow, qui représente environ 200 millions d’euros par an, au remboursement de ses créanciers au cours des deux années à venir. Il a aussi promis qu’il ne verserait pas de dividende tant que le ratio de dette nette sur Ebitda ne serait pas ramené à moins de trois.
L’accord a été conclu dans de «bonnes conditions» pour PagesJaunes, a assuré Jean-Pierre Remy, qui ajoute que les charges financières du groupe devraient rester stables en 2013 avant de diminuer à partir de 2014.
Le compromis a l’accord de son principal actionnaire Médiannuaire, lui-même très endetté et dépendant des dividendes de PagesJaunes pour le remboursement de sa propre dette. La holding, contrôlée par Goldman Sachs et KKR, a annoncé il y a plusieurs mois l’ouverture de négociations avec ses prêteurs pour restructurer sa participation dans PagesJaunes. «Ces discussions sont en cours. Il est trop tôt pour préjuger de leur issue ou du calendrier», a précisé Jean-Pierre Remy, en ajoutant qu’elles pourraient conduire à une évolution importante de l’actionnariat de PagesJaunes.
Le groupe a par ailleurs confirmé ses objectifs de chiffre d’affaires et de marge brute opérationnelle pour 2012 après avoir enregistré une baisse de 2,4% de ses revenus sur les neuf premiers mois de l’année à 799,9 millions d’euros. Sur cette période, ses revenus sur internet, segment sur lequel le groupe a entrepris de se repositionner, ont progressé de 9,4%.
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