OVH accélère ses investissements générateurs de croissance
Le spécialiste des infrastructures internet externalisées, dont les effectifs ont triplé en quatre ans, veut investir un milliard d’euros d’ici à 2021.
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Yves-Marc LE REOUR
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Fondé fin 1999 par Octave Klaba, OVH est spécialisé dans l’externalisation des infrastructures internet. Toujours contrôlé par la famille de son fondateur, le groupe non coté basé à Roubaix dispose de l’un des plus importants parcs mondiaux de serveurs, avec 220.000 machines réparties dans 17 centres de données situés en France et au Canada. «S’il est fortement consommateur de cash en phase de croissance, le modèle économique du groupe présente l’avantage de générer des cash-flows récurrents à périmètre constant», expliquait hier à L’Agefi Nicolas Boyer, directeur financier d’OVH.
Après avoir levé 75 millions d’euros via des crédits bilatéraux en 2012, le groupe a négocié un crédit syndiqué de 140 millions d’euros l’année suivante. Il a enfin levé en décembre 2014 un montant global de 267 millions d’euros, composé d’une ligne revolving de 160 millions à 6 ans et d’un placement privé (Euro PP) de 107 millions, divisé en 3 tranches de 6, 7 et 8 ans. «Après avoir financé un plan d’investissement triennal de 400 millions d’euros, nous travaillons sur un plan de développement massif à l’international et comptons investir aux alentours d’un milliard d’euros sur les cinq prochaines années», avance le dirigeant.
Porté par une croissance annuelle moyenne de plus de 30% depuis 2011, le chiffre d’affaires du groupe s’est élevé à 250 millions d’euros sur l’exercice clos le 31 août dernier. Ses effectifs ont triplé sur la période pour atteindre 1.200 personnes. Sur son cœur de métier représenté par les solutions dématérialisées entièrement dédiées («dedicated cloud»), «OVH s’adresse aussi aux grandes entreprises souhaitant disposer de données sécurisées hébergées en externe à moindre coût», souligne Nicolas Boyer.
Ce segment de marché, sur lequel il est leader en Europe, pèse plus de 3,5 milliards d’euros à l’échelle mondiale, contre environ 6,5 milliards d’euros pour le «public cloud» où OVH est en concurrence frontale avec Amazon, Microsoft ou Google.
Le groupe, qui offre aussi des services applicatifs incluant la gestion de noms de domaines, a développé en France une activité de fourniture d’accès à internet et de téléphonie sur IP pour le marché professionnel. Il est par ailleurs membre du consortium Kosc, qui a racheté à la fin de l’an dernier le réseau à haut débit de Completel, l’ex-filiale de Numericable cédée par Altice suite au rachat de SFR.
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