Orange se convertit à la dette hybride pour défendre sa notation
Orange saute le pas dans la dette hybride. L’opérateur de télécoms a lancé un placement de dette perpétuelle, en euros et en livres sterling, dont le montant total pourrait s’élever à 2 milliards d’euros. BNP Paribas et Goldman Sachs dirigent l’opération, avec le soutien de huit autres banques. Le groupe français est ainsi le quatrième grand opérateur de télécoms européen à émettre de la dette hybride depuis la réouverture de ce marché début 2013 par EDF. KPN (1,5 milliard d’euros), Telecom Italia (750 millions d’euros) et Telefonica (2,5 milliards d’euros) ont déjà emprunté ce mode de financement l’an dernier.
L’émission permettrait de profiter d’une demande forte des investisseurs pour ce type de dette afin de dynamiser le rendement de leur portefeuille obligataire. Subordonnés et remboursables par anticipation à l’initiative de l’émetteur, ces titres offrent une prime de rendement moyenne de plus de 200 points de base par rapport à une dette senior classique pour un même émetteur. Ainsi, l’an dernier, plus de 25 milliards d’euros de dette perpétuelle ont été émis, un record. Et depuis le 1er janvier 2014, pas moins de 3,6 milliards d’équivalents euros ont été placés, soit environ 15% du montant total des émissions réalisées par des groupes non financiers en euros et en sterling.
Pour l’émetteur, en raison de la clause de remboursement par anticipation, la dette hybride offre l’avantage d’être pour moitié considérée comme des fonds propres par les agences de notation. Ce type d’émission contribue ainsi à protéger une notation un peu tangente auprès des agences. Outre les opérateurs en télécoms cités, tous fragilisés financièrement, Veolia ou Casino ont placé des titres hybrides l’an dernier pour redorer leurs ratios de crédit.
Le projet d’Orange intervient quelques jours après la mise en garde de S&P, qui a placé sous perspective négative la note BBB+ du groupe en raison du risque de dégradation de l’Ebitda jusqu’en 2015, avec des baisses de 3% ou 4% en 2014 et de 2% en 2015. D’autant que le report du projet d’introduction en Bourse d’EE au Royaume-Uni risque de compromettre l’objectif de dette fixé par la direction à 2 ou 2,1 fois l’Ebitda en 2015, ce qui fait craindre une nouvelle entaille dans le dividende.
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