Orange s’assure le contrôle total de Mobinil en Egypte

L’opérateur téléphonique français va exercer l’option sur les titres détenus par Orascom. Il contrôlera bientôt 99% de sa filiale.
Antoine Landrot

Le marathon égyptien d’Orange arrive à son terme. L’opérateur téléphonique français a annoncé hier l’acquisition de la participation résiduelle d’OTMT (Orascom, la holding de l’homme d’affaires Naguib Sawiris) dans ECMS – la structure cotée de la marque Mobinil – pour un montant de 209,6 millions d’euros. Pour ce faire, il va exercer son option d’achat prévue dans l’accord conclu en avril 2012 avec Orascom et qui avait permis à Orange de monter à hauteur de 94% du capital d’ECMS. Le groupe a déjà provisionné l’intégralité du montant, précise-t-il.

«Cette transaction inclut d’une part les 5% de participation directe d’OTMT dans ECMS à 280,7 livres égyptiennes par action et d’autre part les 28,75% des droits de vote [dans] MT Télécom (MTT), la société holding d’ECMS détenue entièrement par Orange, pour un montant de 45,8 millions d’euros», indique le groupe français dans un communiqué. En effet, dans le cadre de l’accord de 2012, le groupe français avait cédé à Orascom 28,75% de ses droits dans MTT, dont il contrôle pourtant 100% du capital. Une opération rendue possible par une dissociation entre titres de capital et droits de vote.

Au terme de la transaction, qui devrait être conclue d’ici à la fin du premier trimestre, Orange détiendra donc 99% d’ECMS. Le pourcent résiduel représente le flottant qui n’a pas apporté ses actions à l’offre publique d’achat d’avril-mai 2012. L’opérateur français ne précise pas s’il lancera à terme une offre de retrait.

Au 30 septembre 2014, Mobinil affichait 33 millions de clients en Egypte. Même si la crise politique qui sévit depuis 2011 pèse sur l’économie, le pays est l’un des principaux marchés d’Afrique en téléphonie mobile, que se partagent trois concurrents. Dans son document de référence 2013, Orange revendique au titre de sa filiale une part de marché de 33,3% derrière Vodafone (41,2%), mais devant Etisalat (25,5%).

Sollicité par L’Agefi, l’opérateur n’a pas été en mesure d’indiquer si l’opération était une étape de son projet de regroupement de ses activités en Afrique, qui, selon son site internet, «constitue le deuxième marché mobile au monde», fort de ses 500 millions d’utilisateurs attendus en 2016. Orange affirme qu’il est implanté dans 21 pays d’Afrique et du Moyen-Orient. Il «a l’ambition d’atteindre 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur la zone d’ici 2015». Il affichait fin 2013 la place de leader au Mali (63% de parts de marché), au Sénégal (58%) et en Côte d’Ivoire (36%).

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