OpenAI restera contrôlé par une entité sans but lucratif
La volte-face est inattendue. Fondée comme une société à but non lucratif à l’origine, OpenAI travaillait depuis des mois à se transformer en une entreprise capitaliste classique afin de faciliter sa capacité à lever des fonds.
Début avril, le créateur de ChatGPT avait même indiqué avoir obtenu un financement de 40 milliards d’euros auprès d’un consortium mené par Softbank mais que le versement des trois quarts de la somme était conditionné à la conversion d’OpenAI en un groupe à but lucratif. Aujourd’hui, l’entité qui commercialise l’outil d’intelligence artificielle vise bien à faire des profits mais elle est entièrement contrôlée par une holding associative. Jusqu’à récemment, les dirigeants du géant de l’IA envisageaient que cet organe perde le contrôle, en échange d’une compensation financière.
C’est ce projet qui semble avoir été abandonné. Lundi soir, OpenAI a indiqué qu’il «continuerait à être supervisé et contrôlé par une entité à but non lucratif». Le groupe a en outre indiqué que la filiale à visée capitaliste serait transformée «en une société à mission – une structure d’entreprise axée sur un but précis qui doit prendre en compte les intérêts à la fois des actionnaires et de la mission».
Suppression du plafonnement des profits
«Nous avons pris la décision que l’organisation à but non lucratif conserve le contrôle d’OpenAI après avoir entendu des responsables civiques et engagé un dialogue constructif avec les bureaux du procureur général du Delaware et du procureur général de Californie», a précisé Bret Taylor, président du conseil d’administration, cité dans le communiqué. OpenAI fait en effet l’objet d’une plainte de la part d’Elon Musk en raison du non-respect de sa raison d’être originelle.
«Nous voulons que notre organisation à but non lucratif soit la plus grande et la plus efficace de l’histoire, en se concentrant sur l’utilisation de l’IA pour permettre les résultats les plus décisifs pour les personnes», a de son côté indiqué le directeur général, Sam Altman, tout en ajoutant que le système de plafonnement des profits distribuables de l’entité à but lucratif sera supprimé. Cette dernière sera ainsi contrôlée par la holding associative qui en deviendra également un important actionnaire mais elle pourra rendre plus de ses bénéfices à l’ensemble de ses autres investisseurs.
«Nous pensons que cela est largement suffisant pour nous permettre de lever des fonds», a déclaré à Reuters Sam Altman, ajoutant qu’il n’y avait «aucun changement dans les relations avec les investisseurs existants». Selon des informations de Bloomberg, OpenAI serait d’ailleurs sur le point de racheter l’outil de codage assisté par l’intelligence artificielle Windsurf pour environ 3 milliards de dollars.
L’abandon du projet de transformation en société à but purement lucratif n’en interroge pas moins sur la capacité de la star de l’IA à lever des fonds à l’avenir et questionne son impact sur le plan de 40 milliards de dollars dévoilé il y a à peine un mois.
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