Office Depot et OfficeMax pourraient s’unir sous la pression des actionnaires activistes

Les distributeurs songent selon des sources concordantes à un mariage entre égaux afin de mieux tenir tête à Staples ou au commerce en ligne
Benoît Menou

Les actionnaires activistes tirent les ficelles d’un nouveau projet de rapprochement outre-Atlantique. Plus précisément, les distributeurs de fournitures de bureau Office Depot et OfficeMax discutent fusion, selon des sources concordantes, sous la pression de certains de leurs principaux actionnaires, des fonds qui réclament des efforts concrets pour «créer de la valeur» selon l’expression qui leur tient à cœur. C’est le Wall Street Journal qui a le premier hier soir fait état de discussions avancées entre les deux groupes, évoquant une possible annonce dès cette semaine concernant un échange de titres. OfficeMax dévoile d’ailleurs jeudi ses résultats 2012. Aux cours de clôture de vendredi dernier, Office Depot et OfficeMax affichent des capitalisations boursières voisines de 1,1 milliard et 930 millions de dollars. Des valorisations en chute de 90 et 80% respectivement depuis des plus hauts atteints en 2006 et 2007.

Les deux enseignes pourraient ensemble peser davantage dans un environnement toujours plus concurrentiel, face tant au numéro un du secteur Staples (qui affiche un chiffre d’affaires de 25 milliards de dollars contre 18 milliards pour le nouvel équipage), qu’aux distributeurs généralistes comme Costco ou Wal-Mart ou qu’au commerce en ligne, avec Amazon en tête.

Neuberger Berman réclame en tout cas un sursaut. Troisième actionnaire d’OfficeMax avec 4,8% du capital, le gestionnaire a fait savoir qu’il pourrait soutenir le projet de fusion en fonction de ses modalités. Côté Office Depot, c’est le fonds alternatif Starboard Value qui donne de la voix, depuis qu’il est devenu en septembre dernier le principalactionnaire du distributeur, avec 13% du capital. Bloomberg indique de source proche que le fonds serait également disposé à soutenir un rapprochement avec OfficeMax, toujours en fonction des conditions.

Après les actionnaires, les deux groupes devront convaincre l’autorité américaine de la concurrence. La Federal Trade Commission (FTC) avait déjà empêché le rachat d’Office Depot par Staples en 1997. Alors que l’administration Obama a fait vœu de préserver la libre-concurrence, le souhait de réduire de trois à deux le nombre des principaux acteurs d’un secteur pourrait bien déplaire aux autorités. Même si, de l’aveu même du PDG de Staples Ronald Sargent l’an passé, le mariage entre Office Depot et OfficeMax serait bien «naturel».

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