Oberthur renonce à lancer une offre sur De La Rue face aux refus répétés du britannique
Oberthur ne lancera pas d’offre sur De La Rue. Le groupe français l’a officialisé hier après-midi alors que le conseil d’administration du britannique avait publiquement rejeté dans la matinée une proposition financière plus intéressante. Compte tenu de la réglementation, Oberthur ne pourra pas, sous certaines conditions, lancer d’offre sur De La Rue pendant six mois.
Le fabricant de cartes à puce n’a jamais réussi à convaincre le premier imprimeur mondial de billets de banque à ouvrir des discussions. Le français avait pourtant accepté en fin de semaine dernière de monter son prix à 925 millions de livres (935 pence par action), soit 3% de plus que sa proposition de décembre, et 11% de mieux que son approche d’octobre. Alors que ses capacités financières suscitaient des interrogations outre-Manche, Oberthur avait même obtenu, en vain, le soutien de Bain Capital. Vu le caractère politique de De La Rue, et en dépit de l'éclatement de son capital, une offre hostile paraissait compliquée. Bain avait d’ailleurs conditionné son aide à l’ouverture de discussions amicales.
Pour la direction de De La Rue, ces avances restaient insuffisantes au regard de «la valeur fondamentale et des perspectives» du groupe. Avec la dette (5 millions de livres), le prix représentait environ 9 fois le résultat d’exploitation attendu pour l’exercice 2011-2012.
«Le conseil d’administration de De La Rue a non seulement rejeté notre proposition mais il a également ignoré les demandes de clarification concernant la question fondamentale des relations de la société avec ses clients et de ses perspectives financières», regrette Jean-Pierre Savare, le président et principal actionnaire d’Oberthur. Dans une lettre du 4 janvier, Jean-Pierre Savare demandait à la direction de De La Rue d’expliquer aux investisseurs les raisons de la perte de son principal contrat à l’international auprès de la Banque centrale indienne.
De La Rue avait répondu que les discussions n’étaient pas rompues avec ce client. Mais le groupe reste malgré tout fragilisé par cet incident survenu l’été dernier. En plus d’une charge de 41 millions de livres, ce qui a provoqué une chute de 45% de son bénéfice opérationnel au premier semestre 2010, l’imprimeur a changé de directeur général. Hier, le cours de son action a chuté de 15,19 % à 695 pence.
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