Novartis n’entend plus subir passivement la vigueur du franc suisse

Le groupe mise sur sa diversité, avec Sandoz et Alcon, et sur le succès de nouveaux produits pour compenser la vive concurrence des génériques
Benoît Menou

Nous ne serons pas des victimes» a clamé hier le directeur général de Novartis Joseph Jimenez en assurant devoir prendre des mesures pour limiter l’impact sur ses comptes publiés en dollars de la vigueur du franc suisse. «Nous devons mieux aligner notre base de coûts avec notre base de revenus» a avancé le dirigeant à l’occasion de la publication de résultats du deuxième trimestre conformes aux attentes. En clair, le groupe pharmaceutique souhaite abaisser ses coûts en Suisse au bénéfice des zones euro et dollar.

Pour l’heure, Novartis se félicite de la diversité de ses activités dans la santé, des produits de soins oculaires avec Alcon, dont l’acquisition a été finalisée au printemps, aux médicaments génériques avec Sandoz. Il n’en faut pas moins pour maintenir le cap de la croissance dans un environnement marqué dans le secteur par une concurrence toujours plus vive des génériques ou par des politiques de santé publique toujours plus restrictives.

Certes le laboratoire fait traditionnellement montre d’une grande capacité d’innovation. Novartis a ainsi souligné que les produits lancés récemment avaient généré un chiffre d’affaires en hausse de 46% à 3,8 milliards de dollars. Joseph Jimenez a mis en exergue le lancement réussi du traitement de la sclérose en plaques Gilenya. «Une fois de plus, a clamé le dirigeant, nous avons fait la preuve du succès de notre stratégie de R&D en obtenant, au deuxième trimestre, quatre autorisations majeures et en déposant deux demandes importante d’homologation».

Un dynamisme essentiel face à la perte parallèle de brevets sur des médicaments vedettes, comme le Diovan dans le traitement de l’hypertension. Joseph Jimenez s’est dit confiant de pouvoir continuer à compenser ces pertes grâce à la diversité du portefeuille de produits. Le chiffre d’affaires trimestriel a ainsi bondi de 19% à taux de change constants (+27% en données brutes) à 14,9 milliards de dollars en dépit d’une baisse des prix voisine de 3%. Surtout, les observateurs ont apprécié le respect des promesses en termes de contrôle des coûts.

Novartis a confirmé son objectif annuel d’une hausse du chiffre d’affaires à changes constants qui «devrait avoisiner deux chiffres». Joseph Jimenez assure rester à l’affût d’acquisitions de taille modeste tout en se prévalant d’une «grande discipline» car priorité est donnée à l’abaissement de la dette.

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