Novartis ne fera pas de folies en matière de fusions-acquisitions
Alors que son concurrent Roche a officiellement renoncé à lancer une offre sur l’américain Illumina, Novartis a lui aussi l’intention de faire preuve de sagesse en matière de fusions et acquisitions. «Je ne pense pas que nous ayons besoin d’une grosse acquisition à court terme», a indiqué Joseph Jimenez, le directeur général du laboratoire pharmaceutique suisse, lors d’une conférence sectorielle organisée par JPMorgan à San Francisco.
Une façon pour le groupe de démentir son intérêt supposé pour Bausch & Lomb, la société d’ophtalmologie que cherche à vendre le fonds Warburg Pincus et dont la valeur d’entreprise est estimée à 10 milliards de dollars. Les noms de Pfizer, Johnson & Johnson et de Sanofi ont également été avancés pour cette opération. La discipline dans les acquisitions doit permettre à Novartis de maintenir une politique soutenue de redistribution de ses bénéfices à ses actionnaires, alors que le rachat d’Alcon en 2010 pour 28 milliards de dollars continue de peser sur le bilan avec une dette nette estimée à 11 milliards de dollars fin 2012. «Conserver un dividende conséquent sera notre priorité numéro un», a soutenu Joseph Jimenez. Le groupe suisse a augmenté chaque année, depuis 15 ans, son dividende annuel.
Joseph Jimenez n’exclut pas pour autant quelques opérations ici ou là pour compléter le portefeuille du groupe mais à des niveaux compris entre «2 et 4 milliards de dollars, pas plus que ça». Confronté comme la plupart des laboratoires pharmaceutiques au «patent cliff», c’est-à-dire à l’ouverture au domaine public des brevets sur ses principaux médicaments, Novartis doit régénérer ses sources de revenus. Après l’Europe en 2011, son médicament pour la pression sanguine Diovan est tombé dans le domaine public aux Etats-Unis l’an dernier. Il avait généré à lui seul 5,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2011 dans ce pays.
Son autre «blockbuster», Deevec, utilisé contre les leucémies, sera ouvert à la concurrence des médicaments génériques en 2015 et en 2016. Selon Joseph Jimenez, le groupe n’aura pas besoin de céder des actifs. La division de vaccins, qui pourrait n'être à l'équilibre qu’en 2014, sera conservée, a-t-il assuré, tout comme les filiales de santé animale ou de médicaments de bien-être.
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