Norbert Dentressangle boucle le deuxième plus gros Euro PP de l’année
Moins dynamique qu’espéré en début d’année, le marché des émissions obligataires non notées par placement privé (Euro PP) finit toutefois 2013 sur une note positive. Norbert Dentressangle a signé la deuxième plus grosse opération de l’exercice. Le groupe de transport et de logistique a placé 235 millions d’euros auprès d’une poignée d’investisseurs.
Seule Terisam, holding de la galaxie Artémis de François Pinault (actionnaire de L’Agefi, ndlr), avait réussi à lever un montant supérieur, avec 380 millions d’euros au mois de juin. Le placement du transporteur était dirigé par BNP Paribas et Crédit Agricole CIB. Il permet à CA CIB de finir l’année avec environ 30% de ce marché, juste devant SG CIB.
Compte tenu de la somme visée, Norbert Dentressangle était à la limite de basculer dans une émission publique. «Le format Euro PP a été privilégié car il donne plus de confort à l’émetteur et aux banques pour expliquer le modèle et la stratégie de la société. Il accorde également plus de temps aux investisseurs pour qu’ils puissent faire leur propre analyse crédit», explique Clémence Berroeta, responsable de l’origination obligataire midcaps chez Crédit Agricole CIB.
Après une présentation commune devant tous les investisseurs potentiels, Hervé Montjotin, le président du directoire de Norbert Dentressangle, et Patrick Bataillard, le directeur financier, ont tenu une dizaine de rendez-vous privés, sur trois jours de road-show. Cet effort a permis de lever les a priori négatifs des investisseurs concernant le secteur du transport routier, encore plus avec la récente mise en redressement judiciaire de Mory-Ducros.
La somme a été levée en deux tranches, l’une de 75 millions d’euros, à 6 ans, avec un coupon de 3,8%, et la seconde de 160 millions, à 7 ans, assortie d’un coupon de 4%. La division en tranches, déjà utilisée dans le passé pour les Euro PP de Lactalis ou d’Orpéa par exemple, «permet d’allonger la maturité tout en évitant la constitution d’un mur de dette», indique Clémence Berroeta.
Les 235 millions levés serviront notamment à refinancer une partie de la dette actuelle de Norbert Dentressangle. Celle-ci s’élevait, fin juin 2013, à 566 millions d’euros nets. Les deux obligations, cotées sur Euronext, sont assorties des mêmes covenants que les autres instruments de dette du groupe.
Plus d'articles du même thème
-
Tirés par la gestion de fortune, les profits d'UBS ont progressé au troisième trimestre
Le bénéfice net de la banque est toutefois légèrement inférieur aux attentes. Les dirigeants avancent la fin de leur programme de rachats d'actions de 3 milliards de dollars mais continuent à s'inquiéter d'une évolution réglementaire en Suisse. -
Les ventes de Danone dépassent les attentes mais les volumes faiblissent dans plusieurs régions clés
Le groupe a bénéficié d'effets prix favorables alors que ses volumes ont reculé en Europe, en Amérique du Nord et en Chine. -
Apport-cession : arrêtons l’hypocrisie d’une mesure anti-abus
Une plus-value jamais encaissée, taxée le jour où l’on transmet son entreprise : l’article 5 du projet de loi de finances pour 2027 fait d’une mesure anti-abus un impôt sur la transmission.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
DiagnosticProgressisme contre illibéralisme : les leçons de Jean-Christophe Cambadélis
Grand défenseur de la social-démocratie, l'ancien dirigeant du PS explique pourquoi le progressisme perd sa centralité et les élections face au national-populisme -
Benjamin Netanyahu en tête, aucune majorité claire : les premiers résultats des élections en Israël
Ce mercredi matin, plus de la moitié des bulletins étaient dépouillés et la coalition de droite menée par Benjamin Netanyahu serait en tête avec 54 sièges, contre 48 pour celle d’opposition de Gadi Eisenkot, sachant qu’il faut 61 sièges pour avoir une majorité absolue à la Knesset -
L'air du largeA Bonn, ex-capitale de Guerre froide qui s’inquiète pour l’avenir
De retour de l'ancienne capitale allemande, notre chroniqueur y a constaté l'inquiétude des europhiles, notamment sur l'état des relations franco-allemandes