Non contrôlé et recentré, Arkema susciterait de nombreuses convoitises
Un capital totalement éparpillé, un périmètre débarrassé des activités les plus cycliques et des positions envieuses sur plusieurs marchés clés. Il n’en fallait pas plus pour relancer la spéculation sur l’avenir d’Arkema. Vendredi, le blog Alphaville du Financial Times annonçait que le groupe de chimie français avait été approché par plusieurs prétendants, dont l’américain DuPont, l’allemand BASF ou le saoudien Saudi Basic Industries, des noms qui avaient déjà été entendus par le passé.
La direction d’Arkema, par la voix de son porte-parole, s’est refusée vendredi à tout commentaire. Mais la rumeur d’OPA a été jugée suffisamment crédible - Alphaville a par exemple récemment révélé les projets de rachats de Lincare par Linde ou l’entrée du FSI chez Sequana - pour faire s’envoler le cours de l’action Arkema de 10,76% à 59,28 euros, portant sa capitalisation boursière à 3,7 milliards d’euros. En séance, le titre a même gagné jusqu’à 19,5%. Un peu plus de 3,55% du capital a changé de mains dans la journée.
C’est la récente finalisation de la cession au suisse Klesch du pôle de chimie vinylique qui ravive l’intérêt pour Arkema. L’opération lui a coûté 100 millions d’euros de trésorerie mais elle lui a permis de retirer de son périmètre une activité qui peinait à atteindre l’équilibre malgré plus de 400 millions d’euros investis en quelques années. Depuis sa scission du groupe Total en 2006, Arkema est parvenu à coups de restructuration et de développements à hisser sa marge brute d’exploitation (Ebitda) de 6,2% à 13,4% fin 2010. Sans les vinyles, déconsolidés dès la fin de l’année dernière, la marge est montée jusqu’à un pic de 17,5% en 2011.
De quoi susciter des convoitises, sur un marché en consolidation comme le montre le rachat de Rhodia par Solvay l’an dernier. D’autant que si Arkema ne dispose d’aucun actionnaire de contrôle depuis sa scission de Total, son capital est aujourd’hui totalement éclaté. Le Groupe Bruxelles Lambert (GBL), la société d’investissement d’Albert Frère et de la famille canadienne Desmarais, a vendu mi-mars sa participation de 10,01%, au prix de 69,9 euros par action, encaissant au passage une plus-value de 220 millions d’euros. Depuis, le cours a perdu 10 euros, renvoyant le multiple valeur d’entreprise sur Ebitda d’Arkema à 6,7 pour 2013, contre un multiple moyen de 9 pour le secteur.
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