Nokia et Microsoft prennent à revers les vendeurs à découvert
Microsoft et Nokia ont dû provoquer hier quelques maux de tête chez certains traders et gérants de hedge funds. En annonçant lundi à la surprise générale le rachat des activités de téléphonie mobile du groupe finlandais, l’exploitant de Windows a provoqué une flambée des valeurs technologiques en Bourse. A commencer par l’action Nokia, cible favorite des vendeurs à découvert.
Le titre de l’équipementier finlandais a bondi de 34% à 3,97 euros après avoir gagné près de 50% en séance dans des volumes d’échange 11 fois supérieurs à la moyenne. Avant l’annonce de Microsoft, l’action Nokia constituait un pari quasi certain à la baisse dans une stratégie long/short, avec un prix divisé par 5 en cinq ans et encore une sous-performance en 2013 par rapport à l’indice Stoxx des valeurs technologiques.
Selon les données de Bloomberg, sur les 190 plus grandes valeurs européennes, le groupe finlandais figurait au 17e rang des moins aimées par les analystes financiers. Ceux-ci ne prenaient pas en compte la perspective d’une offre sur l’activité historique de Nokia. «Notre thèse vendeuse a toujours reposé sur l’hypothèse que personne n’oserait acheter une activité de cette taille et dans une position si difficile», reconnaissaient hier dans une note les analystes de Sanford Bernstein. Les hedge funds étaient sur la même ligne. La part du capital de Nokia faisant l’objet de prêt-emprunt de titres – un indicateur approximatif des positions vendeuses – atteignait 11,8% le 30 août selon Markit. Même si elle est en recul par rapport à un pic de 20,6% en mars, cette proportion reste dix fois supérieure à la moyenne européenne.
Le fonds américain Discovery Capital Management détenait en juillet la plus importante position vendeuse officiellement déclarée auprès du gendarme boursier finlandais avec 2,26% du capital. La hausse d’hier équivaut pour lui à une perte de 85 millions d’euros selon nos calculs. Les fonds Viking Global Investors, Maverick Capital et Lone Pine Capital avaient aussi déclaré en juillet et en août des positions courtes d’actions Nokia.
La transaction a aussi provoqué une flambée du cours d’Alcatel Lucent (+9,2%) et dans une moindre mesure d’Ericsson (+4,9%). Les derniers fonds à avoir déclaré à l’AMF les principales positions courtes nettes sur l’équipementier sont Och-Ziff (0,92% du capital) et Highbridge (0,77%). Mais Alcatel est plus coutumier que Nokia de ces forts mouvements à la hausse comme à la baisse.
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