Nokia aura la haute main sur le nouveau géant européen des télécoms
Le rapprochement négocié depuis plus d’un an entre Nokia et Alcatel-Lucent prend l’exact contrepied de la «fusion entre égaux» annoncée en 2006 par Alcatel et Lucent. D’un point de vue financier, les actionnaires du groupe franco-américain détiendront 33,5% du capital totalement dilué de la nouvelle entité, contre 66,5% pour les actionnaires de Nokia, en supposant l`acceptation totale de l`offre publique d`échange (OPE) qui devrait être lancée en France et aux Etats-Unis par le groupe finlandais au cours du premier semestre 2016.
Avec un ratio de 0,55 action Nokia pour une action Alcatel-Lucent, cette OPE entièrement payée en titres valorise la cible 15,6 milliards d’euros «sur une base totalement diluée, après prise en compte de la conversion anticipée des obligations convertibles d’Alcatel-Lucent».
Même si le groupe élargi, nommé Nokia Corporation, entend avoir «une forte présence en France», son siège sera en Finlande. Risto Siilasma sera le futur président du conseil d’administration, tandis que Rajeev Suri, l’actuel PDG du groupe finlandais, sera nommé directeur général, témoignant du rôle prépondérant de la partie finlandaise dans le pilotage du nouveau champion européen des infrastructures télécoms. «Il ne s’agit pas d’une coentreprise, c’est tout à fait clair. Nous avons appris de nos erreurs», a d’ailleurs souligné Rajeev Suri. Sur un total de neuf ou dix membres, le conseil ne comptera que trois administrateurs issus du groupe franco-américain, dont le vice-président du conseil. Michel Combes, directeur général d’Alcatel-Lucent, a souligné qu’il n’entendait pas occuper ce poste après la clôture de l’opération, prévue à la fin du premier semestre 2016.
Nokia compte dégager 900 millions d’euros de synergies en 2019 en année pleine, à comparer à des coûts d’intégration d’un montant identique, ainsi que 200 millions d’économies sur les frais financiers à l’horizon 2017. Il entend continuer à distribuer des dividendes et maintient son objectif de renouer avec une note de crédit en catégorie «investissement».
Les câbles sous-marins d’Alcatel-Lucent, qui n’entreront pas dans le périmètre du nouveau groupe, «feront l’objet d’une introduction en Bourse, d’une scission ou d’une vente à un tiers», a indiqué Michel Combes. Les activités d’incubation de Nokia Technologies seront également exclues de l’opération, tandis que la marque Bell Labs sera conservée pour héberger les activités d’innovation dans les réseaux.
Plus d'articles du même thème
-
«Notre crainte est que le marché du crédit reste volatil»
Benoist Grasset, gérant high yield chez Generali Investments -
«Les marchés ne semblent pas croire à une appréciation durable du yen»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. -
« La prudence des investisseurs sur les actifs français peut durer jusqu’au printemps »
Julien-Pierre Nouen, directeur des études économiques et de la gestion diversifiée, Lazard Frères Gestion.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Le régulateur suisse autorise le premier ETF investi sur le bitcoin
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
A Orléans, un RN dans sa bulle célèbre la réélection de Jordan Bardella
Les cadres du parti ont déroulé la première journée de leur Congrès dans une pleine satisfaction, peinant à cacher leur optimisme pour la présidentielle à venir -
« L'Etat sera là » : Lecornu promet de reconstruire la mairie de Limoges « à l'identique »
« Le contribuable local, communal, ne mettra pas un euro dans la reconstruction de cet hôtel de ville », a indiqué le Premier ministre. Matignon souhaite une « procédure Notre-Dame » de Paris -
Mobilisation du 24 octobre : des dizaines de milliers de manifestants à Paris, Marseille... des dégradations à Grenoble
Une nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère a lieu dans toute la France, ce samedi 24 octobre, après les violences du 17 octobre. Les manifestations sont placées sous la haute surveillance des forces de l’ordre : 70 000 policiers et gendarmes sont déployés dans le pays