Nissan prend les commandes chez Mitsubishi Motors
Les difficultés provoquées par le scandale sur la consommation réelle de certains de ses véhicules ont eu raison de l’indépendance de Mitsubishi Motors. Le constructeur japonais va passer sous la coupe de son concurrent et partenaire Nissan. Les deux groupes ont officialisé leur union après que le projet a fuité dans la presse. Nissan va ainsi prendre une participation de 34% au capital de Mitsubishi Motors, pour un montant de 2,2 milliards de dollars (1,9 milliard d’euros). L’opération, censée aider Mitsubishi Motors à « regagner la confiance », prévoit que ce dernier émettra des actions nouvelles destinées à Nissan avec une décote de 5,3% sur le cours de clôture de mercredi, levant ainsi 237,4 milliards de yens (1,91 milliard d’euros).
Ces 34% donneront le contrôle à Nissan au vu du droit boursier japonais mais n’entraîneront pas le déclenchement d’une OPA sur le solde du capital. Les autres actionnaires de Mitsubishi Motors ne seraient certainement pas vendeurs. Mitsubishi Heavy Industries, Mitsubishi Corp et Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ détiennent, avec des filiales, environ 34% du capital de MMC avant l’augmentation de capital. Leur part tombera à 22% environ après. Carlos Ghosn, le PDG de Nissan et de Renault, a précisé que Nissan pourrait nommer le tiers des membres du conseil d’administration de Mitsubishi Motors, ajoutant qu'à son sens ce même conseil serait également présidé par un responsable de Nissan.
Carlos Ghosn a indiqué que les deux constructeurs partageraient et concevraient en commun des technologies et pourraient dégager des « milliards » de synergies en coordonnant leurs achats, l’utilisation des sites et en coopérant dans les marchés en croissance. « Tout le monde y gagnera (...) Nous pensons que nous pouvons nous aider, nous soutenir et croître ensemble, mieux que si Mitsubishi le faisait seul de son côté », a-t-il dit, lors d’une conférence de presse commune tenue à Yokohama, au sud de Tokyo. Mitsubishi Motors et Nissan coopèrent déjà dans la conception et la fabrication au sein d’un partenariat conclu en 2011 qui ne prévoyait pas d'échange de participations.
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