Nexity crée la surprise en se lançant pour la première fois sur le marché obligataire
Nexity cède aux sirènes du marché obligataire. Le promoteur a dévoilé vendredi le projet d’une première émission cotée à Paris de 150 à 200 millions d’euros destinée à diversifier et sécuriser son financement. Les titres auront une maturité de 6 ans, une échéance plus conforme aux «cycles de développement de ses métiers». Le groupe veut aussi tirer parti «des conditions de financement attractives actuellement offertes par les marchés». JPMorgan, Crédit Agricole CIB et Natixis travaillent sur le dossier.
Même si Nexity se lance sur le marché obligataire dans un environnement de taux séduisant, l’opération a suscité la surprise de nombreux analystes au regard de la structure financière du promoteur. La société affiche en effet à fin juin 2012 un endettement net négatif de 277 millions d’euros (marqué par une trésorerie nette et des emprunts bancaires et autres dettes de respectivement 420 et 143 millions). Si les courtiers retiennent l’argument d’une nécessité de se placer en position favorable pour saisir les opportunités de croissance externe ou d’acquisitions de foncier qui ne devraient pas manquer de se présenter en 2013 ou en 2014, ils relèvent que la société indique n’avoir pour l’heure concrètement identifié aucune cible.
Par ailleurs, en réponse aux rumeurs de MBO (Management buy-out) à l’occasion du désengagement de BPCE, Nexity a précisé que l’émission envisagée «ne sera pas destinée à une opération sur le capital». Et le promoteur a tenu à assurer que l’émission ne saurait pénaliser sa politique de dividende. Le cours de l’action a perdu 2,71% vendredi portant à 12,6% sa baisse depuis le 1er janvier.
Nexity a en parallèle fait le point sur son activité, confirmant ses objectifs 2012 de chiffre d’affaires (supérieur à 2,6 milliards) et de résultat opérationnel courant (au-delà de 200 millions). La société ne respectera pourtant pas son objectif annuel de 200 millions d’euros de prises de commandes en immobilier d’entreprise, «en raison essentiellement de décalages de signatures sur 2013». Et Nexity n’envisage pas de reprise du marché résidentiel cette année en dépit des récentes mesures publiques (investissement locatif «Duflot», prêt à taux zéro), et appelle de ses vœux de nouvelles annonces susceptibles de motiver «les investisseurs institutionnels (assurance-vie notamment)».
Plus d'articles du même thème
-
Le fonds de pension ABP perd 26 milliards d’euros sur ses LDI
Le plus gros fonds de pension néerlandais a perdu 24,3 milliards d’euros au troisième trimestre, les gains des actions et des placements alternatifs ne compensant qu’en partie la perte sur la couverture de son passif. -
T. Rowe Price replonge en zone de forte décollecte au troisième trimestre 2026
Après avoir nettement réduit sa décollecte sur les deux premiers trimestres, la société de gestion américaine T. Rowe Price l’a de nouveau creusée au cours du troisième trimestre 2026. -
Les caisses de retraite des avocats de Brême et de Basse-Saxe sont prêtes à fusionner en 2027
Le Parlement de l'État de Basse-Saxe a récemment approuvé le projet de rapprochement des deux caisses de retraite des avocats allemands.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
PressionNucléaire : pourquoi Bruxelles tente de calmer le jeu sur le financement des EPR2
Quelques jours après des critiques de Marine Le Pen, la Commission européenne a reconnu jeudi l'intérêt de boucler d'ici à la fin d'année les négociations sur le nouveau nucléaire français, et la plus grosse aide d'Etat jamais allouée au secteur -
Tutti fascisti !« Tous fascistes, sauf nous » : comment Jean-Luc Mélenchon organise le vide entre le RN et LFI
Pour affronter Marine Le Pen, le leader des insoumis cherche à effacer la partie centrale de l'échiquier politique et repousse les socialistes dans le camp des fascistes -
Au nom de la loiCouvre-feux, manifs interdites, drones : nos libertés sous cloche ?
Depuis dix ans, le pouvoir macroniste a multiplié les textes sécuritaires. Avec l’objectif de répondre à la demande croissante d’ordre et d’autorité. Mais au risque de rompre l’équilibre fragile entre sécurité et libertés fondamentales