Nexans se fait doubler dans la course au contrôle de Draka Holding

Quelques heures après une contre-offre de l’italien Prysmian, le chinois Xinmao a proposé un milliard d’euros pour racheter le groupe néerlandais
Yves-Marc Le Reour

Si Draka Holding est sur le point de perdre son indépendance, l’identité du futur repreneur est encore incertaine. En accord avec Flint Beheer, son principal actionnaire, le fabricant de câbles néerlandais a hier formellement rejeté la proposition de rachat en numéraire de 731 millions faite le mois dernier par Nexans, acceptant par ailleurs une offre mixte de l’italien Prysmian à 840 millions d’euros. Mais à peine annoncé, ce projet d’OPA amicale a été contré par l’intervention inattendue du chinois Tianjin Xinmao S&T.

Cette division du groupe diversifié Xinmao a annoncé «son intention d’entamer des discussions avec Draka en vue de lancer une offre d’un milliard d’euros en cash sur la totalité de son capital», en soulignant qu’elle souhaitait maintenir une base solide d’activités aux Pays-Bas. A 20,5 euros par action ordinaire Draka, le prix proposé fait ressortir une prime de 19,2% par rapport à l’offre italienne et de 36,7% par rapport à celle de Nexans. Sur la base des prévisions 2010, l’offre chinoise correspond à une valeur d’entreprise sur excédent brut d’exploitation estimée à 10,2 fois contre 9,1 fois pour Prysmian et 8,3 fois pour Nexans.

Le groupe néerlandais va désormais «examiner attentivement la proposition de Xinmao», en tenant compte «de l’intérêt de l’ensemble des parties prenantes et des arrangements conclus avec Prysmian». Outre une clause de dédit prévoyant sous certaines conditions le versement par Draka de 12,5 millions d’euros à Prysmian, le rapprochement avec le groupe italien devait générer d’ici trois ans des synergies annuelles d’environ 100 millions d’euros avant impôt. Le directeur général de Prysmian Valerio Battista, qui souhaite obtenir 85% des actions de sa cible, a cependant paru réticent à relever une offre jugée «appropriée».

Avant l’annonce surprise du groupe chinois, la plupart des analystes jugeaient relativement faible l’éventualité d’une surenchère de Nexans, compte tenu du prix déjà élevé offert par Prysmian et du caractère amical de cette offre. Interrogée par L’Agefi, une porte-parole de Nexans a indiqué que le groupe «ferait connaître sa position le 24 novembre conformément au calendrier réglementaire initial». Sur un marché européen légèrement baissier, l’action Prysmian a perdu 4,9% à 12,4 euros, tandis que Draka a bondi de 27% à 19,6 euros et que Nexans a gagné 2,6% à 53,5 euros.

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