Nexans risque une amende de plusieurs centaines de millions d’euros
Nexans en sait un peu plus sur ce qui lui est reproché. Le fabricant de câbles, ainsi que onze autres groupes du secteur, ont reçu hier les griefs de la Commission européenne dans le cadre d’une enquête ouverte en 2009 sur des comportements anticoncurrentiels dans le secteur des câbles d'énergie sous-marins et souterrains. Le suisse ABB et le danois NKT ont également dit avoir reçu ce courrier.
La Commission explique «craindre que les producteurs ne se soient entendus pour se répartir les marchés et les clients dans le cadre de projets relatifs à des câbles électriques souterrains et sous-marins et pour fixer les prix dans l’Espace économique européen». La communication des griefs ne présage pas de l’issue de la procédure. Toutefois, si Nexans et ses homologues devaient être condamnés, la sanction cumulée pourrait représenter plusieurs centaines de millions d’euros. Au maximum, chaque groupe encourt individuellement une amende équivalente à 10% de son chiffre d’affaires total, soit 500 millions d’euros dans le cas de Nexans, sur la base de ses revenus 2009.
Le montant de l’amende potentielle sera calculé selon des règles fixées par le règlement de la Commission européenne. Si le calcul dépend de la gravité de l’infraction supposée, de sa durée et de circonstances aggravantes (récidive) ou atténuantes, il repose avant tout sur le montant du chiffre d’affaires généré par les activités dans le collimateur de la Commission. En matière de cartel démontré, la sanction de base peut représenter jusqu’à 30% du chiffre d’affaires du métier concerné. Ce montant de base est ensuite multiplié par le nombre d’années pendant lesquelles l’infraction a été constatée. Enfin, une somme équivalente à 15-25% des ventes annuelles totales de ce secteur peut être ajoutée.
Même s’il reconnaît l’impact négatif qu’elle représenterait pour ses finances, Nexans n’a pas chiffré le risque potentiel de cette enquête. Aucune provision n’a d’ailleurs été inscrite dans les comptes du groupe. Toutefois, selon les analystes d’Oddo, qui ont récemment organisé une réunion entre la direction de Nexans et des investisseurs, le montant de l’amende pourrait s'établir entre 200 et 400 millions d’euros, soit entre 10 et 20% de la capitalisation de Nexans. En début d’année, les analystes de Natixis chiffraient le risque à 80 millions d’euros. Le temps de répondre aux griefs de la Commission, la décision définitive, et le montant de la sanction éventuelle, ne seront pas connus avant plusieurs mois.
Plus d'articles du même thème
-
Elliott IM met en garde contre un marché baissier d’ampleur
La société de hedge funds Elliott Investment Management compare l'état actuel des marchés, marqués par une prise de risque alimentée par l’endettement et une frénésie autour des nouvelles technologies, aux Années folles qui ont précédé la Grande Dépression. « À l’heure actuelle, pratiquement tous les signaux d’alarme annonçant un marché baissier d’ampleur sont au rouge », écrit la société, qui gère 80 milliards de dollars, dans une lettre aux investisseurs d’octobre consultée par le Wall Street Journal. -
Raphael Arndt (Future Fund australien) : « Nous sommes devenus plus sophistiqués ».
Le fonds souverain d’Australie vient de célébrer ses 20 ans avec un rendement annuel à deux chiffres. Créé en 2006 pour renforcer la situation financière à long terme du Commonwealth, le Future Fund constitue aujourd'hui le plus important actif financier du gouvernement australien, explique son directeur général, Raphael Arndt. -
Michelle Ostermann rejoint Standard Life comme directrice des investissements
L’ancienne directrice générale du Pension Protection Fund britannique dirigera aussi l’activité de solutions de retraite de Standard Life.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
Contenu de nos partenaires
-
Guerre ou diplomatie : face à l'Iran, Donald Trump brouille les pistes
La menace d'une attaque américano-israélienne après les midterms est plus forte que jamais, mais le président américain assure désormais vouloir temporiser -
Fight, fight, fightMidterms : pourquoi rien n'arrêtera Donald Trump
Perdre le Congrès rendra-t-il le président des Etats-Unis plus faible ? Rien n’est moins sûr. Son tempérament, ses leviers et l'absence d’enjeu électoral devraient plutôt l'encourager au combat -
Voie sans issue« Ils ne tiennent plus le manche » : le budget de Sébastien Lecornu s’enfonce dans l’impasse
Avec la stagnation de l’économie française, même le délicat scénario des ordonnances ne suffira plus à réduire le déficit à 5 % du PIB en 2027, malgré 43 milliards d’efforts. Bercy mise encore sur un accord de non-censure après un 49.3