Nexans devrait tirer parti du rebond de ses principaux marchés en 2011

La hausse des matières premières empêchera néanmoins la progression de sa marge d’exploitation par rapport au deuxième semestre 2010
Yves-Marc Le Reour

Après un premier semestre encore difficile, la deuxième moitié de l’année 2010 a permis à Nexans de renouer avec la croissance sur l’ensemble de ses marchés, notamment les câbles spéciaux et ceux destinés au BTP. Son chiffre d’affaires annuel de 4,3 milliards d’euros à cours des métaux non ferreux constants reflète ainsi une croissance organique de 0,4% sur l’exercice mais de 6,5% sur le second semestre. Sa marge d’exploitation annuelle de 4,8%, légèrement au-dessus du consensus de 4,5%, a bénéficié «d’une stabilisation des prix en fin de période» et de «premiers signes d’amélioration dans l’exécution des contrats haute tension sous-marins».

Si le groupe français répercute de façon quasi-automatique les hausses du cours du cuivre et de l’aluminium dans sa production de câbles, il n’en est pas de même pour les matières plastiques dérivées du pétrole servant à fabriquer les isolants. Cette hausse des matières premières qui devrait se poursuivre cette année l’incite à prévoir une marge d’exploitation de 5,5% pour l’année en cours, ce qui «ne traduit pas d’amélioration séquentielle par rapport à celle de 5,6% dégagée au second semestre 2010», notent les analystes d’Oddo Securities. Les charges de restructuration devraient être comprises entre 30 et 40 millions d’euros, contre 67 millions en 2010 et 120 millions en 2009. La croissance organique du chiffre d’affaires devrait pour sa part être supérieure à 5% sur l’ensemble de l’année.

Interrogé sur les ambitions du groupe en matière d’acquisitions, après sa tentative avortée de rachat du néerlandais Draka tombé dans le giron de l’italien Prysmian, le directeur général adjoint administration et finance Frédéric Michelland a indiqué qu’il se réjouissait de la consolidation du secteur et que Nexans continuait de regarder certains dossiers «sur les grands marchés internationaux, dans les infrastructures d’énergie ou encore les câbles de spécialité». Il dispose d’une structure financière solide avec un endettement net stabilisé à 144 millions d’euros d’une année sur l’autre, grâce notamment à un bon contrôle du BFR qui représente 16,5% des ventes contre 18,9% fin 2009. Le dividende proposé au titre de 2010 est en hausse de 10% à 1,10 euro par titre, soit un taux de distribution «d’environ 40% du résultat courant consolidé de l’exercice».

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