News Corp se traite avec une décote proche de 50 % sur sa valeur intrinsèque
Deux semaines après son déclenchement, le scandale des écoutes téléphoniques au sein de News Corp a pris une telle ampleur qu’il fragilise la position de son fondateur Rupert Murdoch, contraint d’abandonner son offre de rachat de BSkyB et de fermer dans l’urgence l’hebdomadaire News of the World au Royaume-Uni. La démission de deux hauts responsables du groupe, celle de deux dirigeants de Scotland Yard et l’ouverture d’une enquête préliminaire par le FBI aux Etats-Unis ont encore accru la défiance des investisseurs.
L’action, qui baissait de 5% hier sur le Nasdaq à la clôture des Bourses européennes, a perdu 17% de sa valeur depuis le début du mois et sa capitalisation boursière est passée sous les 40 milliards de dollars. A 12,4 fois ses bénéfices de l’année écoulée, le titre se traite avec une décote de 25% par rapport à ses pairs aux Etats-Unis. En appliquant au groupe une valorisation par la somme des parties, Brett Harriss, analyste chez Gabelli & Co dans l’Etat de New York, arrive à une valorisation comprise «entre 62 et 79 milliards de dollars», ce qui traduit une décote comprise entre 35% et 50% sur sa valeur intrinsèque. Attribuable au manque de discernement de la direction, cette décote «devrait mettre du temps à se réduire», selon Claire Enders, qui dirige le cabinet Enders Analysis à Londres.
«Rupert Murdoch devrait partir dans l’intérêt de tous», juge Terry Smith, à la tête du courtier Tullett Prebon. Contrôlant 38% des droits de vote de News Corp à travers la détention d’actions de classe B, Rupert Murdoch pourrait en laisser la direction générale à l’actuel directeur des opérations Chase Carey, tout en restant président du conseil d’administration. Selon Bloomberg qui se réfère à deux personnes proches du dossier, des tensions sont apparues au sein de ce conseil qui comprend seize membres. Les neuf administrateurs indépendants se seraient plaints d’un «déficit d’informations» en interne concernant ces écoutes illégales et d’une «réactivité insuffisante» de la direction pour juguler la crise.
Si l’homme d’affaires australo-américain a déclaré que News Corp ne se résumait pas à sa personne, il fera tout pour éviter le démantèlement d’un groupe qu’il a commencé à bâtir voici plus de cinquante ans. Il sera confronté aujourd’hui, avec son fils James, aux questions d’une dizaine de parlementaires britanniques de la commission des médias.
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