Nestlé veut profiter de ses finances pour accélérer en Asie
Même si plusieurs de ses concurrents, Coca-Cola ou Danone, ont connu des mésaventures dans le pays ces dernières années, Nestlé passe à l’offensive en Chine. Le groupe suisse a reconnu hier avoir engagé des discussions préliminaires avec Hsu Fu Chi, le spécialiste chinois des confiseries. Fondée à Taiwan en 1992, et cotée à Singapour depuis 2006, la société capitalise 3,2 milliards de dollars singapouriens, 1,85 milliard d’euros environ. Des discussions ont été engagées avec d’autres acquéreurs potentiels, a précisé Hsu Fu Chi, sans en dire plus. La cotation des actions est suspendue depuis deux jours. Nestlé aurait déjà approché Hsu Fu Chi il y a quelques années, en vain.
Aux cours actuels, en hausse de 72% en un an, Hsu Fu Chi capitalise environ 15 fois le résultat d’exploitation attendu par le consensus Bloomberg pour l’exercice 2011-2012, clos fin juin. Le multiple de Nestlé est plus proche de 12 fois. L’opération ne poserait aucun souci financier à Nestlé. Le géant de l’agroalimentaire disposait de 16 milliards de francs suisses de trésorerie en fin d’année 2010, soit 13 milliards d’euros, et il génère 6,3 milliards d’euros de cash flow disponible chaque année. «D’un point de vue stratégique, nous verrions l’opération positivement car elle donnerait à Nestlé l’accès à un marché des confiseries en croissance et estimé à 6 milliards de dollars, et lui offrirait de nombreux autres débouchés», estiment les analystes de MF Global. Nestlé aurait ainsi accès au réseau de distribution de Hsu Fu Chi pour vendre ses propres produits. Ce dernier souhaiterait s’appuyer sur un partenaire étranger pour enfin sortir de ses frontières chinoises. Il réalise encore l’essentiel de ses ventes en Chine.
Cette acquisition, la plus importante de Nestlé depuis le rachat des pizzas de Kraft aux Etats-Unis, en mars 2010, pour 3,7 milliards de dollars, permettrait au groupe suisse de répondre à son objectif de croissance dans les pays émergents. Il a pour ambition d’engendrer 45% de ses revenus dans les pays émergents en 2020, soit environ le double de ce qu’il dégage actuellement en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Ces régions sont déjà les plus dynamiques du groupe. Le chiffre d’affaires de la zone Asie-Océanie-Afrique a progressé de 12% au premier trimestre 2011, contre des croissances de 3,7% en Amériques et de 2,3% en Europe.
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