Moody’s s’inquiète des conséquences de l’austérité italienne sur la dette de Telecom Italia

Craignant un durcissement de la concurrence en Italie, premier marché de l’opérateur, l’agence a placé sa note Baa2 sous surveillance négative
Olivier Pinaud

L’austérité italienne pourrait avoir des répercussions sur le désendettement de Telecom Italia. La crainte est en tout cas à l’origine de la mise sous perspective négative de la note de la dette de l’opérateur en télécoms par Moody’s. «La concurrence (sur le marché italien, ndlr) pourrait encore être renforcée par les effets négatifs sur le consommation du ralentissement économique et des mesures d’austérité du gouvernement», explique Carlos Winzer, l’analyste de Moody’s. Selon lui, le groupe italien pourrait alors avoir du mal à tenir ses engagements. Au 30 juin, l’opérateur portait une dette nette de 31,5 milliards d’euros. L’objectif est de la ramener à 25 milliards en 2013. Le marché italien représente environ les deux tiers du chiffre d’affaires de Telecom Italia et les trois quarts de son Ebitda.

Une dégradation sous le niveau actuel de Baa2 chez Moody’s (BBB chez S&P et Fitch) aurait deux conséquences directes pour Telecom Italia. La première concernerait le coût de refinancement. Les lignes de son crédit syndiqué comprennent un mécanisme d’ajustement en fonction de la notation du groupe. La marge ajoutée à l’Euribor peut ainsi passer de 0,0875% à 0,2625% pour la ligne expirant en août 2014 (8 milliards d’euros). Elle peut fluctuer entre 0,9% et 2,5% pour celle à l’horizon février 2013 (1,25 milliard). Seconde conséquence, moins probable : la Banque européenne d’investissement pourrait exiger des garanties à l’opérateur pour la partie non sécurisée de son crédit de 1 milliard d’euros.

La décision de Moody’s a quelque peu surpris les analystes. «Le timing de la mise sous surveillance semble plus indiquer des préoccupations d’ordre macroéconomique qu’un sujet propre au groupe», indique Andrea Devita, analyste chez Banca Akros. «L’environnement concurrentiel en Italie est difficile, mais c’est vrai depuis plus d’un an» et «le groupe a montré aux résultats du premier semestre que le mouvement de désendettement se poursuivait en dépit du contexte concurrentiel», indique un autre analyste. Le marché de crédit avait déjà intégré ces risques éventuels depuis longtemps, les contrats d’assurance contre un risque de défaut (CDS) ayant bondi de 200 points de base en trois mois. Hier, la direction de Telecom Italia a confirmé l’intégralité des objectifs.

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