Michelin réorganise ses sites de production afin de renforcer sa compétitivité

Le pneumaticien, qui supprimera 730 postes d’ici à l’été 2015 à Joué-lès-Tours, investira 800 millions d’euros dans ses usines françaises en six ans
Yves-Marc Le Reour

Face à la baisse structurelle de la demande européenne dans les poids lourds, Michelin a décidé d’intensifier la spécialisation de ses sites de production en France pour améliorer sa compétitivité. Sur son site de Joué-lès-Tours qui compte à l’heure actuelle 930 salariés, l’arrêt de la production de camions d’ici au premier semestre 2015 conduira à la suppression d’environ 730 emplois, 200 salariés restant sur place pour travailler dans des activités de produits semi-finis déjà existantes, dans lesquelles 22 millions d’euros seront investis.

Un tiers des 730 salariés touchés pourra bénéficier d’un plan de fin de carrière et les deux tiers se verront proposer deux postes correspondant à leurs compétences «sur un autre site de Michelin en France» ou à défaut «un dispositif d’accompagnement personnalisé vers un projet professionnel externe».

Le regroupement de la production de poids lourds à la Roche-sur-Yon devrait aboutir au doublement de la capacité de production de ce site, qui atteindrait 1,6 million d’unités à l’horizon 2019. 170 emplois y seraient créés grâce à l’exportation de 75% de la production. Le groupe prévoit également d’augmenter sa production de pneus pour les marchés agricoles et de génie civil à Montceau-les Mines, au Puy-en-Velay et à Troyes, en modernisant par ailleurs son centre de R&D de Clermont-Ferrand pour un montant de 220 millions, «afin de raccourcir les délais de développement». Au total, Michelin compte investir 800 millions d’euros dans ses sites français entre 2013 et 2019, en recrutant dans l’Hexagone 1.700 personnes sur la période.

La France n’est pas le seul pays touché par cette restructuration, puisque le pneumaticien cédera d’abord 67%, puis la totalité de son activité de poids lourds en Algérie à Cevital, premier groupe industriel privé du pays. Ce dernier s’est engagé à reclasser chacun des 600 salariés de l’usine dont la production sera arrêtée fin 2013, une présence commerciale de 80 personnes étant maintenue au sein de Cevital.

Le financement de l’ensemble du projet de réorganisation de Michelin entraînera une charge exceptionnelle de 135 millions d’euros à fin juin. Lors d’un déplacement en Gironde, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a déclaré qu’il demanderait à Michelin des précisions sur ce plan et qu’il consulterait les syndicats du groupe à ce propos.

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