Michel Rollier laissera les commandes à Jean-Dominique Sénard d’ici 18 à 24 mois. Dans le même temps, la gouvernance sera appelée à évoluer
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Olivier Decarre
Michelin va entrer dans une nouvelle ère. Pour la première fois, le manufacturier sera placé sous la responsabilité d’un dirigeant sans lien avec la famille fondatrice. En annonçant vendredi qu’il ne souhaitait pas aller au terme de son mandat, soit en 2017, Michel Rollier a dévoilé le nom de son successeur. Ce sera Jean-Dominique Sénard, actuel co-gérant non-commandité entré chez Michelin en 2005 en tant que directeur financier.
Autant dire que ce passage de témoin préparé en amont ne devrait pas provoquer d’à-coup. Jean-Dominique Sénard lui-même a souligné qu’il n’y avait pas d’inflexion à apporter à la stratégie à laquelle il a participé jusqu’ici. «Une stratégie qui gagne doit être maintenue et développée», a-t-il estimé.
Michel Rollier a précisé que la succession aurait lieu après «un délai de transition raisonnable», soit «18 à 24 mois, mais pas plus». Avant cela, le vote des actionnaires, le 13 mai prochain, devra valider la nomination de Jean-Dominique Sénard comme gérant commandité.
L’AG devra aussi se prononcer sur des aménagements proposés en termes de gouvernance. Actuellement soumis à la seule contrainte de l’âge (72 ans) les mandats des futurs gérants seraient limités à 4 ans renouvelables. Quant au conseil de surveillance, il aurait la charge d’approuver le renouvellement et la révocation des gérants au lieu d’être seulement consulté.
«Par la passé, les gens pensaient qu’il était impossible de mettre un dirigeant à l’écart», remarque-t-on chez Credit Suisse en ajoutant que désormais, «Michelin aligne ses standards sur ceux de groupes ordinaires, ce qui va améliorer la perception du marché». Liées aux résultats 2010, ces annonces ont d’ailleurs fait progresser le titre de 3,68% vendredi.
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