Maurel & Prom réduit sa décote de holding en cotant sa filiale nigériane

Les deux groupes sont valorisés en Bourse 1,7 milliard d’euros, contre 1,55 milliard avant la scission
Bruno de Roulhac

Pari réussi pour Maurel & Prom. Sa filiale Maurel & Prom Nigeria (MPN) a fait hier ses premiers pas en Bourse à Paris, clôturant sur un cours de 2,10 euros, pour un cours technique d’ouverture de 2,08 euros. L’action du groupe pétrolier rebondissait même hier de 9,25% à 11,69 euros. Cette scission «ajoute un peu d’aspect spéculatif sur le titre», constate un vendeur actions.

Lundi dernier, les actionnaires de Maurel & Prom ont approuvé à 99,7% le projet de distribution de 100% de Maurel & Prom Nigeria, chaque actionnaire recevant une action de la nouvelle entité par action détenue.

Les deux groupes capitalisaient ensemble hier 1,7 milliard d’euros, contre seulement 1,55 milliard la veille avant la scission, soit un gain de 10%. Signe que l’opération permet à la fois de réduire la décote de holding et de valoriser les actifs nigérians à leur juste valeur.

De plus, MPN conserve un potentiel de hausse, par rapport à sa capitalisation actuelle de 242 millions d’euros. «Cette valorisation nous paraît attractive compte tenu des réserves prouvées au Nigeria (30 millions de barils) et potentielles (55 millions), note Aurel BGC. Au vu des faibles coûts d’extraction dans cette zone (10 dollars le baril), nous valorisons ces champs 209 millions d’euros, soit 2,5 euros par action». Pour l’heure, MPN se traite avec une décote de 16% sur ce niveau. De son côté, Kepler fixe à MPN une valeur d’actif net de 5 euros par action, dont 1,3 euro au titre des réserves prouvées et probables, 1 euro pour la position de trésorerie nette (117 millions d’euros), 1,2 euro pour les réserves additionnelles et un potentiel de hausse de 1,6 euro.

L’une des raisons de cette scission serait de préparer «une éventuelle cession par la suite, estime Aurel BGC. En effet, les champs au Gabon sont matures et nécessitent peu d’investissements supplémentaires, à la différence de ceux au Nigeria où le potentiel d’exploration est important mais le niveau de risque plus élevé». Pour le bureau d’analyse «une cession à terme des champs gabonais nous paraît plus probable».

Le succès de cette première cotation devrait encourager la société à se coter à terme à Londres pour attirer de nouveaux investisseurs.

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