Maurel & Prom est désormais prêt pour une opération de croissance externe transformante

Le spécialiste de l’amont pétrolier a récemment conclu avec le Gabon des accords qui diminuent fortement le risque politique et industriel
Yves-Marc Le Réour

Le spécialiste de l’amont-pétrolier Maurel & Prom a subi une chute de 6,4% de son cours de Bourse hier, malgré la publication d’un résultat net part du groupe en croissance de 53% à 62,5 millions d’euros et la forte hausse de ses réserves prouvées en 2013. Les investisseurs ont mal reçu la décision du groupe de ne pas proposer de dividende au titre de l’exercice écoulé. «Nous ne sommes pas en mesure de verser de dividende étant donné que nos comptes sociaux font apparaître une perte nette de 65 millions d’euros et qu’il n’existe pas de réserves distribuables», explique le PDG Jean-François Hénin.

Conscient de la nécessité de «changer de dimension pour assurer la pérennité du développement du groupe», Maurel & Prom a désormais créé les conditions indispensables à la réalisation d’une opération transformante. Après deux ans de négociations avec le Gabon, où il réalise plus de 80% de son activité, le groupe a récemment conclu avec les autorités un accord qui laisse la porte ouverte à un changement de contrôle, puisqu’il bénéficierait alors d’un régime plus souple en matière de taxation des plus-values générées dans ce pays. Le nouveau contrat de partage de production signé en janvier dernier avec le Gabon reconduit par ailleurs les cinq autorisations exclusives d’exploitation existantes pour une durée de vingt ans. Le risque politique et industriel qui obérait son avenir est ainsi largement réduit.

Sa situation financière s’est également améliorée avec une trésorerie nette de 198 millions d’euros à fin 2013, contre 67 millions un an plus tôt. Au début de cette année, Maurel & Prom a par ailleurs conclu avec un consortium bancaire un emprunt relais pour un montant maximum de 200 millions de dollars (145 millions d’euros), spécifiquement affecté au remboursement des «Oceane» venant à échéance le 31 juillet prochain. «En cas de tirage, cette facilité fera l’objet d’un remboursement échelonné et au plus tard le 31 décembre 2015», précise le groupe.

Enfin, le conseil d’administration convoquera dans les prochaines semaines une assemblée générale des porteurs de bons de souscription d’actions (BSA), afin de statuer sur une éventuelle prorogation de leur période d’exercice, fixée jusqu’ici au 30 juin 2014. Dans cette optique, le conseil a désigné le cabinet Ricol Lasteyrie en tant qu’expert pour rédiger un rapport sur les conséquences d’une telle prorogation.

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