MAN poursuit sa course internationale en pensant toujours à Scania
MAN a indiqué hier que la prochaine assemblée des actionnaires sera appelée à valider le versement d’un dividende multiplié par huit au titre de 2010, à 2 euros par action. Les résultats de l’exercice écoulé, celui du «renouveau» selon le directeur général Georg Pachta-Reyhofen sur fond d’amélioration de l’environnement économique mondial, sont certes flatteurs. Si les analystes de Bank of America Merrill Lynch regrettent des performances légèrement inférieures aux attentes, ils saluent leur bonne tenue face aux autres acteurs du secteur.
D’autant que MAN vise une hausse de 7 à 10% du chiffre d’affaires cette année, après une progression de 22% en 2010 à 14,7 milliards d’euros. Mieux, MAN a avancé que sa marge bénéficiaire nette pourrait progresser d’un point au moins cette année, après avoir déjà progressé de 2,9 points en 2010 à 7,1%.
Le directeur financier Frank Lutz s’est permis de clamer son «grand optimisme pour 2011». MAN compte bien en effet «poursuivre sa croissance internationale» en misant tout particulièrement sur les «Bric». La Russie accueillera en 2012 une usine de production, alors que la capacité de production au Brésil progressera cette année de 14% à 82.000 véhicules et que la mise en œuvre du partenariat avec le chinois Sinotruck progresse «à grande vitesse».
Ce thème de la «coopération avec des partenaires solides» restera un pilier essentiel du développement international de MAN à l’avenir. «Nous n’avancerons pas seuls» a martelé le directeur général, qui a confirmé que les discussions se poursuivaient avec Scania en vue d’un renforcement de la collaboration devant aboutir à une fusion. Volkswagen, actionnaire de référence commun entre les groupes allemand et suédois, réserve pourtant aujourd’hui la priorité de sa réflexion à son union avec Porsche, repoussant de fait les tractations pour celle entre MAN et Scania au plus tôt au second semestre 2011, croit savoir Reuters. D’autant que ces discussions sont également gênées pour l’heure par une enquête pour corruption au sein de Ferrostaal, dont MAN détient encore 30% après en avoir cédé le solde en 2008 au fonds IPIC d’Abou Dhabi. La cession totale «ne se fera pas à n’importe quel prix» a assuré Georg Pachta-Reyhofen. MAN avait pourtant retardé de trois semaines la publication de ses résultats annuels dans l’espoir de pouvoir annoncer un accord avec IPIC.
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