Maersk veut profiter des difficultés des compagnies pétrolières pour faire des acquisitions
Maersk est prêt à aller à contre-courant. Le groupe diversifié danois compte profiter des désordres provoqués dans l’industrie pétrolière par la chute des cours de l’or noir pour réaliser des acquisitions. «Nous pensions qu’il vaut mieux réduire nos investissements en exploration et se concentrer sur des acquisitions afin d’augmenter nos réserves», a expliqué Smedegaard Andersen, le directeur général de Maersk, lors de la présentation des résultats semestriels.
Le groupe, qui avait plutôt privilégié ces dernières années des développements en Afrique, vise cette fois des champs en mer du Nord, là où il a débuté ses explorations pétrolières dans les années 60. «La mer du Nord est la zone qui correspond le mieux à notre expertise. Nous y avons connu énormément de succès, aussi bien en exploration qu’en acquisitions, et nous voulons construire sur cette expérience», a ajouté Smedegaard Andersen.
Maersk pourrait être notamment intéressé par les actifs pétroliers de Dong, l’un des autres grands industriels danois. Détenu par l’Etat danois et plusieurs fonds (Goldman Sachs, ATP et PFA), le groupe d’énergie a engagé une réflexion sur sa présence dans le secteur pétrolier. Il devrait trancher dans les prochains jours entre une introduction en Bourse de sa division d’exploration-production ou une cession pure et simple, une fois que JPMorgan aura rendu les conclusions de son travail.
La direction de Maersk n’a pas souhaité commenter les réflexions de Dong ni voulu indiquer si elle avait déjà commencé à regarder un actif valorisé à près de 8 milliards de dollars. Smedegaard Andersen a simplement assuré que le groupe dispose d’une structure de capital largement suffisante pour financer ses envies d’acquisitions. Il a d’ailleurs annoncé hier le lancement d’un nouveau programme de rachats d’actions de 1 milliard de dollar le mois prochain. Il s’ajoute au plan également de 1 milliard réalisé en début d’année.
En plus de son cash-flow opérationnel trimestriel, de 1,8 milliard de dollars, le groupe s’appuie sur les 4,8 milliards de dollars qu’a rapportés au premier semestre la vente de 18,4% du capital de Dansk Bank. Maersk détient encore près de 1,5 % du capital de la banque danoise, un bloc valorisé 515 millions de dollars. Hier, Smedegaard Andersen a indiqué que le groupe n’avait pas besoin de vendre cette part pour financer sa stratégie d’acquisition.
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