Made.com en route pour la liquidation
Made.com arrête les frais. Le site britannique de vente en ligne de meubles a annoncé mardi son placement sous administration judiciaire. Il s’apprête à nommer des administrateurs du cabinet PricewaterhouseCoopers afin de liquider l’entreprise. Les actions de la compagnie ont été suspendues à la Bourse de Londres. Elles ont perdu 99,6% de leur valeur depuis janvier.
Cela marque la dernière étape d’une descente aux enfers pour le e-commerçant de meubles design, implanté en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne. La firme londonienne, créée en 2010 par Li Ning et Brent Hoberman, créateur du voyagiste en ligne Lastminute.com, s’était pourtant fait remarquer dans la sphère des start-up britanniques pour la manière dont elle travaillait avec des partenaires sélectionnés afin d’optimiser le processus de conception et de fabrication de meubles, tout en réduisant ses frais généraux grâce à sa plateforme en ligne.
Elle avait enchaîné les tours de table, levant au total 137 millions de dollars, selon Crunchbase, auprès de la fine fleur des investisseurs européens, tels Eight Roads Ventures, Headline et Fidelity. Ainsi que le fonds de capital-risque Partech, particulièrement actif : il avait mené le premier tour de table d’envergure, de 60 millions de dollars, en 2015, y investissant 34 millions d’euros via son fonds Partech Growth 1. Il avait ensuite participé au tour de table de 40 millions de livres en mars 2018. Il était sorti du capital de Made.com lors de l’IPO, précise-t-il. Contactés par L’Agefi, les associés de Partech France n’ont pas souhaité commenter.
Ensuite, la société avait levé 100 millions de livres de capitaux frais lors de sa cotation à Londres en juin 2021. Son action plongeait pourtant dès sa première séance de cotation, bien en-deçà du prix d’introduction de 200 pence.
La société avait bien été portée par le rebond des achats en ligne durant la pandémie de Covid-19 et les confinements. Mais elle a ensuite été confrontée à des perturbations sur sa chaîne logistique (les meubles étaient fabriqués en Asie), ainsi que la crise du coût de la vie au Royaume-Uni.
L’annonce de ce mardi n’est qu’une demi-surprise. Le groupe avait annoncé en septembre qu’il envisageaitune vente, puis qu’il était en discussions avec des repreneurs potentiels. Les pertes avaient plus que triplé au premier semestre 2022, à 35,3 millions de livres. Le groupe avait cessé de prendre des commandes la semaine dernière, et annoncé que ses tentatives pour retrouver un repreneur avaient échoué.
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