LVMH ne parvient pas à maintenir sa rentabilité malgré des ventes record
Un exercice 2014 contrasté pour LVMH. Si le géant du luxe se targue d’avoir signé une année record en termes de chiffre d’affaires (+6% à 30,6 milliards d’euros) et de résultat net (+64% à 5,6 milliards grâce à la plus-value réalisée sur la cession des titres Hermès), le résultat opérationnel courant (ROC)est ressorti en dessous des attentes du marché, en recul de 5% à 5,7 milliards.
Une baisse, la première depuis 2009, imputable essentiellement à l’effet changes, laréduction de la croissance organique étant quasiment compensée par l’effet périmètre. La marge opérationnelle a ainsi reculé de 2,09 points à 18,65%.
Les mauvaises ventes de cognac en Chine ont notamment pénalisé la division vins et spiritueux, dont le ROC a reculé de 16% à 1,1 milliard d’euros, et chuté de 25% pour les seulscognacs et spiritueux. Alors que le déstockage de cognac a commencé dès avril et s’est accéléré au second semestre, l’effet positif se fera sentir à partir de la fin du deuxième trimestre 2015, promet le propriétaire de Hennessy, assurant avoir gagné des parts de marché dans le cognac sur le marché chinois.
Les montres et joaillerie ont vu leur ROC chuter de 23% à 283 millions d’euros. Si les ventes de joaillerie, notamment celles de Bulgari, ont été très dynamiques, l’horlogerie a été pénalisée par la prudence d’achats des détaillants multimarques.
La mode et maroquinerie, qui pèse 35% des ventes et 56% du ROC, a enregistré une hausse de 2% du ROC (après un recul de 4% en 2013), la rentabilité de Louis Vuitton s’étant maintenue «au niveau exceptionnel de ces dernières années», a précisé Bernard Arnault, PDG de LVMH. La division, portée par de nouveaux produits et par le marché américain, a amélioré sa croissance organique, passée de +2% au troisième trimestre à +4% au quatrième trimestre.
Si le groupe affiche sa «confiance» pour 2015, il se refuse à donner des objectifs chiffrés. «Notre objectif est d’accroître la désirabilité chez nos clients, mais pas forcément du chiffre d’affaires et de la rentabilité», a martelé Bernard Arnault. Pour l’heure, la clientèle américaine, qui pèse un quart des ventes, devrait soutenir le chiffre d’affaires avec une croissance organique aux Etats-Unis passée de +6% sur les neuf premiers mois 2014 à +13% au quatrième trimestre.
Le groupe proposera un dividende de 3,20 euros par action, en légère croissance de 3%.
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