LVMH bénéficie d’une forte réserve de croissance en Asie du Sud-Est et dans le Golfe
Loin de la crise des souverains européens, LVMH a emmené en début de semaine les analystes en Asie du Sud-Est et au Moyen-Orient, des marchés à très fort potentiel pour le groupe de luxe. En 2010, l’Asie du Sud-Est et le Moyen-Orient ont pesé respectivement 4% et 3% du chiffre d’affaires de LVMH. Une position relative encore faible, mais en pleine croissance, avec un bond de 28% des ventes de LVMH au Moyen-Orient et de 25% en Asie du Sud-Est l’an dernier.
L’activité du Sud-Est asiatique passe essentiellement par Singapour (62% des ventes de la zone). Or, la ville-Etat affiche une très forte croissance (hausse de 15% du PIB en 2010), lui permettant d’atteindre la huitième place mondiale en termes de PNB par habitant. LVMH vend déjà ses articles dans 39 magasins et vient d’inaugurer son cinquième magasin Louis Vuitton. La distribution sélective et Louis Vuitton sont les activités du groupe de luxe qui devraient le mieux profiter de cette croissance et de la montée en puissance du tourisme, particulièrement avec l’installation des premiers casinos l’an dernier. En outre, «les prix à Singapour sont 15% plus élevés qu’en France (France: base 100, Hong-Kong et Singapour: 115, Etats-Unis: 120, Japon: 125 et Chine: 130), des différences surtout attribuables aux coûts de mise en place et aux différentes taxes locales, note Raymond James. A Singapour, une faible imposition et une ‘sales density’ induisent des niveaux de profitabilité supérieurs». Les grands acteurs du luxe «n’ont encore gratté que la surface de ce levier de croissance qui devrait continuer à alimenter un flux de nouvelles très porteur pour le secteur en Bourse», ajoute Oddo.
Au Moyen-Orient, le marché du luxe est évalué à 5,6 milliards de dollars, soit 2 à 3% du marché mondial, avec une croissance attendue de 10 à 12% par an d’ici 2013, contre 5 à 6% pour le marché mondial. De plus, avec un marché de la cosmétique estimé à 1 milliard de dollars dans les pays du Golfe (dont près des deux tiers consacrés au parfum), Sephora, quatrième acteur local, bénéficie d’un important potentiel de développement. LVMH se fixe un objectif de 50 magasins Sephora, contre 21 aujourd’hui. «Cette montée en puissance devrait se traduire par une augmentation progressive des marges», ajoute Oddo.
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